RDC

RDC: l'ONU remet en question le bilan de l'armée contre les FDLR

L'ONU remet en cause le bilan de l'armée congolaise dans sa lutte contre les FDLR, parmi lesquels elle prétend avoir fait 313 prisonniers.
L'ONU remet en cause le bilan de l'armée congolaise dans sa lutte contre les FDLR, parmi lesquels elle prétend avoir fait 313 prisonniers. AFP PHOTO / Roberto SCHMIDT

Le groupe d'experts de l'ONU sur la République démocratique du Congo vient de publier son dernier rapport. L'occasion de passer en revue l'avancée des offensives contre les différents groupes armés toujours actifs dans l'est du Congo, notamment contre les Forces de démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dont la neutralisation était la priorité des Casques bleus. Depuis le 28 janvier, l'armée congolaise mène bien une offensive contre ce groupe armé, mais seule, depuis qu'elle a suspendu sa coopération avec les Casques bleus. Or, selon les membres de l'armée congolaise interrogés par le groupe d’experts, cette offensive aurait fait 35 morts et 313 prisonniers FDLR. Des chiffres que les experts remettent fortement en cause. Les experts qui, par ailleurs, estiment que les capacités militaires des FDLR sont intactes, malgré l'offensive de l'armée congolaise. 

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En août dernier, le groupe d’experts se rend dans la prison militaire où les rebelles FDLR auraient été incarcérés. Mais sur place, surprise, ils ne trouvent que 175 détenus au lieu des 313.

A en croire la liste des transferts fournie par la direction de la prison, 14 officiers seulement et 163 combattants ont été enregistrés. Deux seraient décédés depuis. Mais là encore, les experts ne parviennent pas à confirmer leurs grades. Car les prisonniers démentent tous être des officiers, voire même d'appartenir au groupe rebelle FDLR. 86 d'entre eux affirment en effet être des civils, des réfugiés rwandais arrêtés par erreur.

Une information que confirme partiellement des chefs locaux et des représentants de la société civile. Selon eux, le commandant du régiment avait invité les réfugiés rwandais habitant dans la zone à se rendre au village de Kilembwe dans le Sud-Kivu pour une réunion. Une réunion qui se serait transformé en arrestation, direction la prison.

Pour le porte-parole du gouvernement, Lambert Mendé, ces affirmations sont un « abus de compétence ». « Il n'y a que la justice au Congo qui peut dire qui est coupable de tel ou tel acte ou confirmer l'appartenance ou non d'un prisonnier à un groupe » a affirmé Lambert Mendé, joint par téléphone. Il rejette donc en bloc ces accusations.

Le groupe d’experts, quant à lui, dit toujours attendre une réponse de Kinshasa à sa remise en cause plutôt étayée.

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