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Madagascar / Corruption

Madagascar: des inculpés pour corruption toujours en poste

Antananarivo, la capitale économique et politique de Madagascar.
Antananarivo, la capitale économique et politique de Madagascar. Bernard Gagnon/(CC)/Wikipédia
Texte par : RFI Suivre
3 mn

A Madagascar, le procès pour corruption à la Jirama, l’entreprisenationale de l'eau et de l'électricité, se poursuit. Les juges ainsi que le Bureau indépendant anticorruption (Bianco) s'interrogent sur des marchés publics attribués dans des conditions un peu floues. Plus de 50 personnes sont jugées pour abus de fonction, escroquerie ou conflit d'intérêt. Sujet d'autant plus sensible que l'entreprise Jirama ne parvient pas à fournir un service normal. Les coupures d'eau et de courant sont extrêmement fréquentes, malgré les importantes subventions versées par l'Etat.  

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L’entreprise nationale d’eau et d’électricité, véritable « boulet de l’économie malgache » est minée par des problèmes de finances et de gestion. C’est l’Etat qui doit la subventionner, chaque année, à hauteur de plusieurs millions. En parallèle, les coupures d’eau et d’électricité incessantes agacent la population et empêchent le développement économique. Depuis le mois de septembre, sept dossiers ont été portés devant le parquet anticorruption par le Bianco. En tout, 54 personnes sont inculpées pour corruption active, abus de fonction et escroquerie dans des affaires des conflits d’intérêts et de favoritisme dans l’attribution de marchés publics.

Parmi les inculpés, figurent des dirigeants et anciens dirigeants de la Jirama, des prestataires, des fournisseurs et même, des responsables de ministères.

« Ils ont tous bénéficié de la liberté provisoire et ce n’est que le début de la procédure, d’après les preuves que nous avons pu rassembler à l’encontre de ces gens-là. Je crois que la justice va les condamner et prendre des mesures pour la récupération des biens qu’ils ont mal acquis », a déclaré Benjamin Ratovoson, responsable du secteur d’Antananarivo au Bianco.

Difficile de chiffrer mais les sommes se compteraient en dizaines de milliards d’ariary, soit en millions d’euros. Pour Benjamin Ratovoson, il faut aller plus loin. Il ne trouve pas normal, en effet, que les inculpés soient toujours en poste.

« Il y a un texte qui est encore en vigueur chez nous, actuellement, qui dit que les personnes [faisant] l'objet de poursuites pour fait de corruption, ne peuvent plus travailler au sein de l’administration », a-t-il rappelé avant d’ajouter que « c’est une question de cohérence », alors que le président de la République affirme, dans ses discours, que la lutte contre la corruption est une priorité.

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