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RDC

RDC: attaque meurtrière contre des soldats congolais et de la Monusco

Un blindé de transport de troupes de la MONUSCO aprés l'attaque attribuée à la rébellion ADF, le 29 novembre 2015.
Un blindé de transport de troupes de la MONUSCO aprés l'attaque attribuée à la rébellion ADF, le 29 novembre 2015. Monusco/Abel Kavanagh
Texte par : RFI Suivre
5 mn

La région de Beni à nouveau frappée. Dans la nuit de dimanche à lundi, un groupe d'assaillants lourdement armés a attaqué simultanément des positions de l'armée congolaise et de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco). Le bilan fait état d'au moins quatre militaires et d'un casque bleu tués, et plusieurs autres blessés. Ils s'en sont pris également à l'hôpital d'Eringeti, achevant les patients dans leur lit. Une attaque d'une grande violence, attribuée à la rébellion ougandaise des ADF-Nalu (Forces démocratiques alliées - Armée de libération de l’Ouganda), qui depuis janvier 2014 font officiellement l'objet d'opérations de l'armée congolaise.

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C'était il y a un peu plus d'un an. Dans la soirée du 17 octobre 2014, des hommes en armes massacrent vingt-deux personnes dans cette même localité d'Eringeti. L'un des premiers bains de sang d'une trop longue série dans le territoire de Beni. Pourtant, à l'époque, l'armée congolaise mène des opérations depuis plusieurs mois, a repris la plupart des bases connues des ADF.

« Ces massacres, c'était déjà une manière de se venger contre la population et c'est encore le cas aujourd'hui », explique un officiel congolais. « Les opérations militaires ont été efficaces tant que le général Bahuma, le défunt chef d'état-major du Nord-Kivu était en vie », estime un membre de la société civile de la province qui dit se poser encore beaucoup de questions sur l'identité et les intentions du ou des groupes qui perpétuent ces massacres.

Depuis près de deux mois, des hommes en armes identifiés comme des ADF semblent viser les positions militaires et surtout être mieux armés. Les assaillants qui ont attaqué dimanche 29 novembre à Eringeti les positions des FARDC (les Forces armées de la RDC) et de la Monusco étaient armés de mitrailleuses et de lances-roquettes. ADF ou pas, du côté de la société civile comme des autorités provinciales, on réclame avant tout des mesures d'urgence pour venir à bout de ce groupe auquel on attribue quelques 600 victimes en 14 mois et notamment la reprise de la coopération suspendue depuis 2015 entre l'armée congolaise et la Monusco dans le Nord-Kivu.

Pour le chef du bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, ces attaques « lâches qui visent délibérément des civils » constituent un « crime de guerre ». « Toutes les actions doivent être entreprises pour garantir la protection des civils », a demandé Jose Maria Aranaz. Le nouveau patron de la mission de l'ONU, Maman Sidikou, a quant à lui assuré que la Monusco ne ménagerait aucun effort pour aider le gouvernement congolais à protéger les civils. Faire plus, c’est justement ce que demande le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku.

On est maintenant à plus de 600 morts depuis le 2 octobre 2014.

Julien Paluku, le gouverneur du Nord-Kivu

 

Vue aérienne d'une maison brûlée dans l'attaque attribuée à la rébellion des ADF.
Vue aérienne d'une maison brûlée dans l'attaque attribuée à la rébellion des ADF. Monusco/Abel Kavanagh

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