RDC

RDC: le président Kabila attendu devant un Congrès sans opposition

Joseph Kabila, le 3 février 2015.
Joseph Kabila, le 3 février 2015. AFP PHOTO / CARL DE SOUZA

Le président Joseph Kabila s'exprime ce lundi matin devant l'Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès pour le traditionnel discours à la nation qui intervient dans un contexte politique tendu. Le 28 novembre, le chef de l'Etat congolais avait, sur la radio et télévision nationale, annoncé la convocation d'un dialogue national inclusif. Un comité préparatoire devait être mis sur pied dans les 10 jours, mais depuis rien. Il faut dire que la principale formation de l'opposition, qui s'était dit prête à y participer l'UDPS, menace de claquer la porte et qu'on attend toujours de savoir si le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, va nommer un cofacilitateur internationale, ce que Kinshasa a demandé.

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« Ce sera un discours sans opposition, un one man show », commente Fabien Mutomb, vice-président du groupe parlementaire de l'UDPS et alliés. Depuis vendredi, l'opposition a claqué la porte de l'Assemblée après le rejet d'une motion de défiance contre un membre du gouvernement ; elle ne sera donc pas présente dans la salle ce matin. « Ce que j'attends de Joseph Kabila, c'est qu'il annonce qu'il s'engage à respecter la Constitution et qu'il partira à la fin de son mandat », poursuit Fabien Mutomb.

Ce type de déclaration est sans objet, réplique-t-on du côté de la majorité. « La crainte que l'on profite du dialogue pour prolonger son mandat ne peut pas subsister si l'on observe la manière dont les tractations avec l'UDPS se sont passées », explique un responsable de la majorité qui évoque la co-modération majorité/opposition comme une garantie.

La majorité se dit perplexe face à l'attitude du parti d'Etienne Tshisekedi. « Il faut s'attendre à ce que le président donne des éléments dans son discours par rapport à ces questions », estime ce responsable de la majorité.

Pour l'UDPS, le président Kabila a vu sa marge encore réduite après « le pont jeté vers Moïse Katumbi », l'ex-gouverneur du Katanga. Référence à la rencontre à Paris la semaine dernière entre une délégation de l'UDPS, parti d'opposition historique et celui qui est aujourd'hui présenté comme l'un des principaux rivaux du chef de l'Etat congolais.

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