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Mali

Mali: les autorités intérimaires dans le nord bientôt une réalité

La route entre Gao et Kidal dans le nord du Mali.
La route entre Gao et Kidal dans le nord du Mali. AFP/KENZO TRIBOUILLARD
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Mali, les débats ont été houleux ce jeudi à l'Assemblée nationale avec des discussions sur le texte qui met en place des autorités intérimaires dans le nord du pays. Il a finalement été adopté à une large majorité, mais avec des grincements de dents.

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Ces autorités intérimaires, dont il est question dans le texte, ce sont des collectivités territoriales temporaires : régions, cercles, communes. L’accord de paix qui a été signé en juin dernier, par le gouvernement malien et par les groupes armés du Nord, prévoit la mise en place de ces autorités intérimaires dans les régions du Nord. Cela aurait même dû être fait dans les trois mois qui ont suivi la signature, beaucoup de retard a donc été pris.

C’est ce que vient corriger cette loi, qui va permettre au gouvernement, avec les groupes armés, de constituer ces autorités intérimaires avec notamment des membres de la société civile ou du secteur privé, avec également des membres sortants des conseils déjà existants.

Une manière d’impliquer les groupes armés dans la gestion de ces collectivités, en attendant la tenue de véritables élections. Une manière également d’amorcer le retour de l’Etat dans toutes les régions du Nord, et notamment dans le fief des ex-rebelles, à Kidal.

L’opposition en désaccord

C’est une avancée importante dans le processus de paix. Il s’agissait d’une revendication des groupes armés du Nord, qu’il s’agisse des ex-rebelles de la CMA comme des groupes pro-Bamako de la Plateforme, et c’est une disposition de l’accord qui a été signé.

Ce qui ne veut pas dire que ce texte ne suscite pas des remous : les partis d’opposition y étaient très opposés. D’abord parce qu’ils estiment qu’il faut, pour l’appliquer, une révision de la Constitution. Ensuite parce qu’ils trouvent que cette loi fait la part trop belle aux groupes armés, la méthode ne leur convient pas. Pour eux, cette mesure va marquer une partition de fait du pays puisque seules les régions du Nord vont être dotées de ces autorités, du moins pour le moment.

En réalité, le texte concerne potentiellement tout le pays, y compris les régions du Sud. Les élections communales ont à plusieurs reprises été reportées, à cause du contexte d’insécurité, certaines collectivités pourraient donc être jugées non fonctionnelles.

Et dans ce cas, la loi qui vient d’être votée permet d’y instaurer le même type d’autorités intérimaires. Une manière, pour les autorités maliennes, de traiter de façon identique tout le territoire. Une feinte grossière pour ceux qui n’approuvent pas le texte.

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