Transport aérien

Crash de l'avion d'Air Algérie: l'indignation des familles de victimes

Le site du crash du vol d’Air Algérie AH 5017 au nord du Mali.
Le site du crash du vol d’Air Algérie AH 5017 au nord du Mali. REUTERS/Burkina Faso Presidency/Handout via Reuters

Le rapport d'enquête sur l'accident de cet avion affrêté par la compagnie espagnole Swiftair évoque une erreur humaine : l'équipage n'avait pas activé le système anti-givre des moteurs. Mais on ne sait pas pourquoi les pilotes n'ont pas réagi quand l'avion a perdu de la vitesse. Les enregistrements des boites noires sont inaudibles ! Les familles des victimes burkinabè du crash du vol Air Algérie au dessus du territoire malien ne sont pas satisfaites. L'accident, survenu le 24 juillet 2014, avait provoqué la mort de 116 personnes.

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L'explication technique des enquêteurs n'est pas suffisante pour Halidou Ouédraogo, le président de l'association des parents des victimes burkinabè. L'erreur des pilotes est certes mise en avant : ils n'ont pas activé le système anti-givre des moteurs. Ce qui a fait chuter la vitesse de l'appareil. Mais on ne sait toujours pas pourquoi les pilotes n'ont pas réagi quand l'avion a perdu de la vitesse.

Pour Halidou Ouedraogo, la gestion du personnel par la compagnie Swiftair devrait aussi être questionnée. « On ne peut pas employer le même équipage sur un vol comme ça, Paris- Alger ou Ouaga-Alger-Paris, tout le temps, s'indigne Halidou Ouedraogo. L’équipage même était exténué, parce que nous aussi, nous menons nos enquêtes. Et en fait s’ils n’ont pas pu réagir c’est qu’ils n’étaient pas dans un état normal. Ou bien ils dormaient, ou bien ils faisaient autre chose ! »

Un rapport mené par le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), rendu public vendredi 22 avril, révèle donc que c'est la « non-activation » du système anti-givre des moteurs de l’avion qui aurait causé le crash du McDonnell Douglas DC 9-83 d'Air Algérie. Selon Halidou Ouédraogo, la question de la compétence des pilotes est centrale et souligne de fait celle de la responsabilité de la compagnie.

« Un équipage expérimenté vérifie si effectivement les ailes de son avion, si le moteur de son avion, sont givrés ou dégivrés, sont en bon état de marche, que ce soit au sol comme en l’air, ils n’ont pas pu [le faire], donc ce n’est pas un équipage compétent » conclut Halidou Ouedraogo.

Des pilotes surmenés, fatigués. C'est aussi ce que pense l'association des familles des victimes françaises. Les enquêteurs eux contestent : ils assurent que les plannings de vol des pilotes étaient conformes à la règlementation européenne sur le temps de vol.

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