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Tchad

Disparition de militaires au Tchad: des ONG demandent que la lumière soit faite

Soldats tchadiens devant le tribunal de Ndjamena (image d’archive 2007).
Soldats tchadiens devant le tribunal de Ndjamena (image d’archive 2007). Thomas SAMSON/Gamma-Rapho via Getty Images
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Il y a maintenant près de trois semaines que des familles de militaires, policiers et gendarmes tchadiens sont sans nouvelle de l'un des leurs, disparus depuis le 9 avril, date de leur vote pour la présidentielle. Selon l'opposition qui a la première alerté sur ces cas, ces hommes auraient disparu pour n'avoir pas voté pour Idriss Déby, le président sortant officiellement réélu. Vingt jours plus tard, Amnesty International et la Ligue tchadienne des droits de l'homme exigent que la lumière soit faite sur cette affaire.

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Combien sont ces disparus ? Au moins une vingtaine, selon la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH) qui se base sur les témoignages de familles qu'elle a recueillis. Ils sont peut-être davantage. Plusieurs autres organisations tchadiennes de défense des droits humains ont été saisies par des familles. Ces organisations sont en train de recouper leurs chiffres. Et les témoignages continuent d'arriver.

« Hier encore, une maman est arrivée au bureau de la LTDH pour nous dire que son enfant est sorti le 9 [jour du vote des militaires, NDLR] et qu’elle ne l’a pas vu depuis ce jour, et elle a insisté pour que nous retrouvions son enfant. Donc nous estimons que tout le monde n’a pas encore pu parler et que peut-être d’autres viendront dire ce qu’ils ont vu ou vécu », explique Me Midaye Guerimdaye, président de la LTDH.

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Sollicité par RFI jeudi 28 avril, le gouvernement n'a pas souhaité réagir. Mais déjà interpellées sur cette question, les autorités ont affirmé que les militaires manquants étaient en mission commandée. Le 21 avril, quatre de ces présumés disparus ont été présentés à la télévision. Mais selon Amnesty et la LTDH, « aucune information sur leur localisation ou leur date de retour n'a été communiquée à leurs familles qui n'ont plus leurs contacts ».

« S’ils sont en mission ou bien quelque part, il est du devoir du gouvernement de présenter ces personnes à leurs familles pour permettre de rassurer les parents. Et je crois qu’au niveau de la ligue, nous serons dans l’obligation d’écrire à qui de droit de permettre à ce que ces personnes dont nous avons la liste soient présentées à leurs familles », indique le président de la LTDH.

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Le parquet de Ndjamena a ouvert une information et commencé à entendre certaines familles ainsi que des associations. Amnesty et la LTDH demandent de leur côté une commission d'enquête indépendante.

D'autres organisations tchadiennes ont elles aussi dénombré un certain nombre de disparitions. C'est le cas l'Association pour la promotion des libertés fondamentales au Tchad (APLFT) qui en a recensé treize. Toutefois son président, Pyrrhus Banadji Boguel, se félicite que le parquet de Ndjamena ait ouvert une enquête sur ces disparitions. Son association a reçu des officiers de police judiciaire pour évoquer ces cas. « Nous pensons que cette enquête va aller jusqu’au bout pour permettre d’établir les responsabilités des uns et des autres. Nous allons suivre de près de façon à ce que le parquet aille jusqu’au bout de la logique », espère-t-il.

Quant à la FIDH, elle dénonce dans un communiqué le climat qui règne actuellement au Tchad, exigeant que la lumière soit faite sur ces disparitions. Elle évoque une soixantaine de cas.

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