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Tchad

Tchad: la mystérieuse disparition d'un opposant inquiète son entourage

Le président du Mouvement national pour le changement au Tchad (MNCT) se rendait au siège de son parti quand il a disparu, mi-avril 2016.
Le président du Mouvement national pour le changement au Tchad (MNCT) se rendait au siège de son parti quand il a disparu, mi-avril 2016. EU-AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Au Tchad, cela fait dix jours que les proches de Mahamat Ahmat Lazina sont sans nouvelles du président du parti d’opposition Mouvement national pour le changement au Tchad (MNCT). Selon son entourage, il aurait disparu alors qu'il se rendait comme à son habitude au siège du parti. Alertés, les membres de son parti se sont lancés à sa recherche et disent avoir retrouvé sa voiture devant un commissariat.

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Persuadés que sa disparition est en lien avec ses activités politiques, les proches de Mahamat Ahmat Lazina ne croient pas aux explications qui leur ont été données par les policiers. Ces derniers leur auraient affirmé que Mahamat Ahmat Lazina a été arrêté, mais s’est ensuite évadé du commissariat. Contactée par RFI, sa femme, Annidjeme Mahamat, est à sa recherche depuis le 18 avril.

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« Depuis ce jour, je n’ai pas de ses nouvelles. Je suis coupée de toutes communications », déplore-t-elle, assurant que son téléphone est éteint. « Jusque-là, on attend toujours. Les gens du parti et sa famille, ses frères, sont partis hier soir et ils le cherchent toujours. Il n’y a aucune trace. » Pour elle, difficile d'expliquer cette mystérieuse disparition. « Tout ce que je sais, c’est que mon mari, depuis qu’il est entré dans la politique, je ne suis pas rassurée », ajoute Mme Mahamat.

Un opposant dénonce le harcèlement de ses militants

Joint par RFI, Laoukein Kourayo Médard, maire de Moundou, deuxième ville du pays, arrivé troisième à la présidentielle du 10 avril dernier, dénonce le harcèlement de ses militants par les autorités régionales. Laoukein Kourayo Médard, qui a opéré un véritable raz-de-marée, remportant à plus de 70 % le scrutin dans la région, parle de chasse aux sorcières et appelle à un retour au calme.

Les secrétaires de notre parti de section sous-préfectorale de Laokasti et Tapol ont été tellement terrorisés par les autorités départementales de Beinamar qu’ils ont préféré fuir du côté du Cameroun pour avoir la vie sauve.

Laoukein Kourayo Médard, maire de Moundou

« Dès la publication des résultats provisoires par la Commission électorale nationale indépendante, l’Agence nationale de sécurité [ANS] et la gendarmerie de Moundou se sont automatiquement mises à la chasse aux sorcières, condamne l'opposant. A titre d’exemple, Monsieur Dionadji Dionheur, directeur départemental de campagne, a été enlevé par l’ANS. Et à l’heure où je vous parle, personne ne connaît sa position. Huit de ses compagnons ont été arrêtés et croupissent en ce moment en prison, sans jugement. A Moundou, Idriss Ramadan de la ligue des jeunes de la CTPD [Convention tchadienne pour la paix et le développement], a été enlevé à 23h chez lui, toujours par l’ANS, et se trouve en ce moment en cellule. Les secrétaires de notre parti de section sous-préfectorale de Laokasti et Tapol ont été tellement terrorisés par les autorités départementales de Beinamar qu’ils ont préféré fuir du côté du Cameroun pour avoir la vie sauve. Je profite de la même occasion pour demander à toute la population du Logone occidental, sans exclusive, de demeurer sereine et de ne pas prêter le flanc à toutes ces provocations orchestrées sciemment. »

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