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Burundi

Burundi: le gouvernement nie l'existence d'une pénurie d'essence

Depuis une semaine, les stations-services du Burundi sont peu ou pas du tout approvisionnées en carburant.
Depuis une semaine, les stations-services du Burundi sont peu ou pas du tout approvisionnées en carburant. Esdras Ndikumana / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Depuis une semaine, la plupart des stations-services du Burundi sont peu ou pas du tout approvisionnées, avec comme conséquence de longues files d'attente, le rationnement d'essence, beaucoup de stations ne servant que 10 à 20 litres par véhicule et le doublement de son prix sur le marché noir. Le pouvoir burundais est monté au créneau ce weekend, en niant toute pénurie de produits pétroliers et en parlant de sabotage et a décidé de mesures qui devraient permettre de normaliser la situation. Mais rien n'est moins sûr du moins si l'on croit certains pétroliers qui n'osent pas s'exprimer à haute voix.

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C'est le deuxième vice-président en charge du secteur économique qui a tapé du poing sur la table. Il a assuré dans un tweet qu'il n'y avait « pas de rupture de stock de carburant ». Il s'agit « d'une spéculation politicienne pour saboter le gouvernement du Burundi ».

Et dans la foulée, le ministre de l'Energie et des Mines, Côme Manirakiza, a annoncé deux mesures très fortes censées ramener de l'ordre dans le secteur : la suspension immédiate de quatre importateurs de produits pétroliers et un ultimatum lancé aux propriétaires de stations-essence. Ils doivent signer d'ici ce soir un « nouvel engagement » à servir leurs clients.

Gesticulation

Mais certains pétroliers parlent de gesticulation. Les quatre importateurs suspendus ? Ils ont cessé toute activité, certains depuis des années. Quant aux propriétaires de stations ? « Ils ne peuvent vendre que s'ils ont été approvisionnés », selon un de ces pétroliers. Or, dit-il, « le problème c'est qu'on importe peu d'essence par rapport aux besoins du Burundi, faute de devises ».

Le gouvernement ne veut pas en entendre parler et continue d'assurer que « tout va bien », mais ces pétroliers rappellent que l'économie de ce pays classé aujourd'hui le plus pauvre du monde est doublement ébranlée par la crise politique qu'il traverse et les sanctions de ses principaux bailleurs de fonds.

Et ces pétroliers, qui doivent déjà quelque 10 millions de dollars américains d'arriérés à leurs fournisseurs étrangers, de demander au gouvernement de mettre à leur disposition les devises dont ils ont besoin, plutôt que d'en faire « des boucs émissaires ».

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