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Libye

Libye: le calvaire des habitants de Syrte, sous le joug de l’EI

Sur cette capture d'écran vidéo, réalisée par l'agence américaine de surveillance Site à partir d'un média jihadiste, trois combattants supposés appartenir au groupe Etat islamique courent vers une centrale électrique dans la ville de Syrte, le 9 juin 2015
Sur cette capture d'écran vidéo, réalisée par l'agence américaine de surveillance Site à partir d'un média jihadiste, trois combattants supposés appartenir au groupe Etat islamique courent vers une centrale électrique dans la ville de Syrte, le 9 juin 2015 AFP PHOTO / HO / SITE INTELLIGENCE GROUP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Human Rights Watch dénonce les atrocités commises par l’organisation Etat islamique dans la ville Libyenne de Syrte. Selon l'ONG, au moins 49 personnes ont été exécutées par l'EI depuis la prise de la ville en février 2015.

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Dans un rapport de 40 pages se basant sur les témoignages d'habitants de la ville, mais aussi d'autorités locales en exil, de groupes armés rivaux ou même de documents émanant de l'organisation terroriste elle-même, HRW décrit les conditions de vie effroyables imposées par le groupe Etat islamique aux populations de Syrte.

 → A (RE)CONSULTER : Le rapport « "We Feel We are Cursed" Life under ISIS in Sirte, Lybia »

« Il y a beaucoup de gens qui sont tués sous des accusations qui sont absolument fantasmagoriques : pour espionnage, d’autres pour sorcellerie, pour blasphèmes, explique Ahmed Benchemsi, directeur de la communication chez HRW. Des hommes de Daech rentrent dans les maisons au milieu de la nuit et tirent des hommes de leur lit pour les exécuter sommairement séance tenante. Ce sont de véritables scènes d’horreur. Imaginez aussi des patrouilles dans la ville en permanence qui menacent les gens, qui leur imposent des amendes parce qu’ils trouvent des hommes en train de fumer ou pour avoir écouté de la musique, ou parce que la femme ou la sœur d’un tel ne portait pas des vêtements suffisamment opaques à leur goût. »

Selon l’ONG, les épiceries ne fonctionnent pas. Les hôpitaux sont dépourvus de médecins et d’infirmières. Les banques ont été fermées et servent désormais aux transferts monétaires du groupe Etat islamique. Trois prisons ont aussi été mises en service, « dont une est une ancienne garderie ».

En plus des privations de nourriture, du manque d'accès aux soins et à l'éducation, les populations, pourtant musulmanes, subissent au quotidien racket, spoliation, détentions arbitraires, voire des exécutions sommaires.

« Il suffit que vous fumiez... »

Ahmed Benchemsi poursuit : « Il y a eu une poignée de non musulmans qui s’étaient retrouvés là par malchance il y a un an et qui ont été exécutées. Mais l’essentiel des gens qui sont là-bas sont des populations qui, non seulement sont musulmanes, mais qui en plus font ce qu’elles peuvent pour essayer de suivre les préceptes qui sont complètement fous et extrémistes de ces gens-là. »

Mais parfois, même suivre ces préceptes ne protège pas du danger. « Il suffit par exemple que vous fumiez une cigarette pour qu’ils estiment que vous êtes leur ennemi. Il suffit peut-être que vous ayez l’air louche pour qu’ils estiment que vous faites de l’espionnage. A ce stade de folie meurtrière, il ne s’agit plus de religion. Il s’agit simplement de l’emprise d’un groupe armé sur une population. »

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