Maroc / Société

Maroc: deux étudiants arrêtés pour avoir rasé de force la tête d’une jeune fille

Des agents de la sûreté nationale marocaine, en janvier 2009.
Des agents de la sûreté nationale marocaine, en janvier 2009. (Photo : Reuters)

Au Maroc, les forces de sécurité annoncent avoir arrêté, ce jeudi 19 mai, deux étudiants pour leur rôle présumé dans l’agression d’une jeune fille à Meknès. Ils auraient rasé de force la tête d’une mineure qui travaille dans la cafétéria de l’université de la ville.

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Sur les photos, une jeune fille en larmes se fait « tondre » par un jeune homme devant une foule d’étudiants impassibles. L’image est choquante et la presse marocaine s’est vite emparée de l’affaire, datant du début de la semaine.

Le site Alyaoum24 a rencontré la victime. Cette dernière raconte avoir été giflée et frappée avant de se faire raser la tête. De son côté, le site Filwajiha rapporte que sa sœur a été battue lorsqu’elle a tenté de s’interposer.

L’hebdomadaire TelQuel cite des témoins qui affirment que la victime a été agressée par des étudiants d’un courant bassiste, la doctrine panarabiste et socialiste. D’autres médias arabophones évoquent plutôt un courant marxiste-léniniste.

Les médias s’entendent toutefois sur un point : la jeune fille a été soumise au châtiment d’un soi-disant « procès populaire ». Quel était son présumé crime? Nul ne le sait pour l’instant.

Dans un communiqué cité par l’agence de presse marocaine, la police judiciaire de Meknès dit avoir arrêté deux étudiants de la Faculté des sciences.

« L'Etat marocain est en grande partie responsable »

Les violations des libertés individuelles, et les agressions se multiplient dans la société marocaine et touchent donc également les universités. Selon l’association marocaine des droits de l’homme, des cas similaires ont déjà été enregistrés dans le pays. Khadija Ainani, la vice-présidente de l’AMDH, pointe du doigt l’Etat Marocain.

« Cette dégradation des droits humains au Maroc, l’Etat en est en grande partie responsable parce qu’il a interdit depuis des années l’Union national des étudiants marocains, qui était un syndicat et la voix des étudiants pour revendiquer leurs droits et ça a donné un vide », analyse-t-elle.

Selon Khadija Ainani, ce vide a provoqué l’apparition de « groupes anarchistes qui prônent la voie de la violence, envers eux-mêmes et envers d’autres composantes de la société marocaine, que ce soit au niveau de la religion, du sexe, de l’orientation sexuelle. »

« Il y a un problème là, parce que l’Etat ne fait pas d’effort pour changer les mentalités et la réalité. Et d’autre part, il y a l’impunité ou bien des peines qui sont légères et ne peuvent pas changer l’état des choses au niveau de la société marocaine », conclut la vice-présidente de l’AMDH.

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