Niger

Niger: deux journalistes de l'hebdomadaire Le Courrier placés en détention

Les deux journalistes ont été placés en détention à la prison centrale de Niamey (image d'archive, juin 2013).
Les deux journalistes ont été placés en détention à la prison centrale de Niamey (image d'archive, juin 2013). AFP PHOTO / STRINGER

Le directeur de publication et le propriétaire de l'hebdomadaire Le Courrier ont été placés en détention à la prison centrale de Niamey mercredi 8 juin. Moussa Dado a été inculpé de « divulgation d’un document provenant d’une perquisition à une personne non qualifiée par la loi » et de « publication de commentaires tendant à exercer des pressions sur la décision des juridictions ». Le propriétaire, Ali Soumana, a été inculpé de complicité des mêmes faits, tout comme l'imprimeur du journal, qui a lui été libéré. Le parquet leur reproche la divulgation de documents liés à une affaire de fraude et de trafic d'influence concernant des concours administratifs.

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A l'origine, une affaire de fraude, révélée par la Haute autorité du lutte contre la corruption : d'éminentes personnalités auraient fourni à l'administration des listes de noms de personnes à inclure parmi les admis à un concours.

Ce sont des fac-similés de ces listes qui ont été publiés par Le Courrier et c'est cette publication qui vaut la prison au deux journalistes.

Reporter sans frontières (RSF) réclame leur libération et dénonce des pressions exercées pour qu'ils divulguent leur source. L'ONG souligne aussi que ces listes sont publiques puisqu'elles ont été utilisées dans le procès pour fraude des cadres de la Fonction publique impliqués dans le scandale.

Faux, rétorque une source judiciaire proche du dossier. Selon elle, ces documents restent confidentiels car ils sont le fruit d'une perquisition, qu'ils ont été placés sous scellés et qu'ils doivent encore servir de pièce à conviction dans le volet de l'enquête sur le trafic d'influence.

Leur publication est donc une infraction au code pénal et au code de procédure pénale et non pas à la loi sur la presse, souligne cette source. Les journalistes incarcérés et l'imprimeur, laissé libre, doivent être jugés selon la procédure de flagrant délit dans les prochains jours.

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