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Sénégal

Immobilier à Dakar: les maraîchers de Guédiawaye font de la résistance

La zone occupée par les maraîchers à Guédiawaye.
La zone occupée par les maraîchers à Guédiawaye. RFI/Guillaume Thibault
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Au Sénégal, dans la région de Dakar, les terrains sont de plus en plus rares et chers. Dans la proche banlieue de la capitale, à Guédiawaye, le maire Aliou Sall, frère du président de la République, souhaite construire sur une bande entre la mer et la ville. Cette bande d’arbres, protectrice, est occupée par des maraîchers depuis 30 ans, des maraîchers donc désormais menacés d’expulsion.

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« L’homme a besoin des arbres… » Cette phrase de Léopold Sédar Senghor en 1980 montre qu’il avait bien compris l’intérêt de protéger les côtes de l’érosion. Et c’est lui qui est à l’origine de cette bande de filaos, des arbres capables de pousser dans le sable et d’évacuer le sel dans les feuilles.

A Guédiawaye, un collectif, dirigé par Amath Kourouma, regroupe 300 personnes. Objectif : protéger cette zone boisée. « Guédiawaye est un point extrêmement bas. S’ils remplacent ces fleurs par un terrassement, ce qui risque de se passer, c’est que nous risquons d’être inondés. »

A la mairie de Guédiawaye, Racine Bâ, conseiller municipal et porte-parole du maire Aliou Sall, accuse ce collectif de s’approprier cette bande de filaos de 7 kilomètres de long où la mairie souhaite construire notamment une salle de spectacle et une université : « Il est inconcevable que des gens s’attribuent le bien public. Maintenant s’ils s’entêtent, il faut que force reste à la loi. »

Les maraîchers, eux, disent que cette forêt est classée, donc « intouchable ». « Le maire aussi a sollicité un déclassement pour pouvoir y ériger ses projets », rétorque Racine Bâ.

Depuis 30 ans, Safetou Diallo s’occupe de sa parcelle. Cette habitante de Guédiawaye accuse le maire Aliou Sall de n’avoir lancé aucune concertation : « Nous avons voté pour lui. Nous lui demandons une audience. Ils ne nous considère donc pas, ce maire. Nous allons lutter. Nous allons lutter. »

La mairie se dit prête à une concertation, mais annonce également une marche prochainement pour soutenir les projets de construction du maire.

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