Madagascar

Madagascar: explosion meurtrière dans un stade à Antananarivo

Vue du stade municipal le jour de la fête de l'indépendance le 26 juin 2010, à Antananarivo.
Vue du stade municipal le jour de la fête de l'indépendance le 26 juin 2010, à Antananarivo. AFP / Grégoire Pourtier

Une grenade a explosé dans un stade à Antananarivo ce dimanche 26 juin, alors qu'on célébrait la fête de l'indépendance. Le bilan provisoire fait état de deux morts et plus de 80 blessés.

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Ce dimanche, à Madagascar, on célébrait le 56e anniversaire de l’indépendance du pays. Après le défilé militaire organisé dans la matinée dans le grand stade municipal de Mahamasina devait avoir lieu un après-midi de festivités : un immense concert gratuit où devaient se succéder des stars malgaches. Mais vers 19h locales, une explosion retentit dans le stade au milieu des participants.

« Je m'étais installé juste devant le podium. Quand ça a explosé, j'ai eu l'impression que c'était comme si quelqu'un avait lancé une bombe à 10m de moi, raconte un jeune homme blessé dans l'explosion au micro de RFI. Les blessés sont restés à terre et ceux qui pouvaient se sont enfuis en courant. 3 de mes amis ont été blessés. Et un autre est mort. »

La piste de l'attentat

La goupille d'une grenade offensive a été retrouvée près de la scène, indiquent les autorités. D'après le chef des renseignements de la gendarmerie nationale, il ne s'agit donc pas d'un objet artisanal. D'après lui, l'auteur de l'attentat voulait faire un maximum de victimes. Le bilan provisoire fait état d'au moins deux morts et 86 blessés acheminés vers l’hôpital public d’Antananarivo. Une enquête a été ouverte. Aucune hypothèse n'est écartée pour le moment, mais selon le chef de la gendarmerie, il y a forcément une personnalité derrière tout cela.

Le président de la République s'est ensuite rendu à l'hôpital il a exprimé ses condoléances aux familles des victimes. Le Premier ministre a ensuite pris la parole. « C'est un acte odieux, a déploré Olivier Mahfaly. Du sang a coulé. Rendez-vous compte, on lance une grenade offensive à des Malgaches innocents ».

« La fête de l'indépendance n'est pas celle du président de la République avec les autres membres du gouvernement mais celle de tous les Malgaches, a-t-il poursuivi. Dans le monde entier existe ce qu'on appelle la trêve politique. Mais à Madagascar, on ne respecte même pas cette trêve politique. C'est le peuple malgache qu'on a visé. Les forces de l'ordre ont fait ce qu'il fallait mais ces gens-là ont frappé là où on ne s'y attendait pas ». « Le gouvernement va prendre des mesures drastiques pour que ce genre de choses ne se reproduisent plus », a-t-il encore promis.

Faille de sécurité ?

Cette journée de fête nationale devait se dérouler sous très haute sécurité. Les rumeurs de déstabilisation persistantes ces derniers jours avaient conduit les autorités à dresser un dispositif important de fouilles à l’entrée du stade. Un dispositif visiblement insuffisant au vu du drame de ce dimanche soir.

Questionné sur une éventuelle faille au niveau de la sécurité, Olivier Mahafaly Solonandrasana a dédouané les forces de l'ordre. « On ne pensait pas qu'un citoyen malgache qui se respecte pouvait commettre un acte ignoble », a-t-il dit. Ce soir la sécurité dans la capitale a donc été renforcée.

Je m'étais installé juste devant le podium. Quand ça a explosé, j'ai eu l'impression que c'était comme si quelqu'un avait lancé une bombe à 10m de moi. Les blessés sont restés à terre et ceux qui pouvaient se sont enfuis en courant. Trois de mes amis ont été blessés et un autre est mort.

Aux Urgences de l'hôpital public d'Antananarivo, où les blessés de l'explosion ont été évacués

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