Sénégal

Au Sénégal, l'Etat s'attaque au problème des enfants des rues

Les enfants talibés recueillis au centre Ginddi, à Dakar.
Les enfants talibés recueillis au centre Ginddi, à Dakar. RFI/Guillaume Thibault

Des ONG disent qu'ils sont 80 000 au Sénégal, plus selon d’autres. Soumis à des écoles coraniques illégales ou des parents malveillants, les enfants des rues, les talibés, font la manche entre les voitures. Après de nombreuses annonces, l’Etat a décidé jeudi 30 juin de s’attaquer à ce problème en ramenant plus de 150 enfants dans des centres d’accueil et en annonçant des sanctions.

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La méthode est radicale. Habillés en civil, des éléments de la brigade des mineurs attrapent les enfants qui mendient. L’opération est dirigée par Niokhobaye Diouf, directeur des droits et de la protection de l’enfant. « Nous procédons à des opérations de sécurisation pour ces enfants-là. Ils sont en danger face à tous les risques de la rue », souligne-t-il.

Les enfants, fatigués, sales, portent des habits trop grands ou déchirés. Ils sont emmenés vers le centre d’accueil Ginddi, « l’éclaircie » en wolof. Première étape : les recenser. « Après (au centre), ils auront le temps de leur poser des questions, de savoir pourquoi ils sont ici, au Sénégal. »

Haibar ne connaît pas son âge. Son père l’a amené de Guinée-Bissau. Depuis il mendie pour l’un de ses oncles et doit chaque jour ramener de l’argent. Chaque jour, il doit trouver et verser 300 francs CFA (environ 50 centimes d'euros), raconte-t-il. Sinon, il doit retourner mendier.

→ A (RE)ECOUTER : Les enfants talibés au Sénégal

Maimouna Baldé, la directrice du centre Ginddi, met l’accent sur la santé, la psychologie, car ces enfants sont victimes de nombreuses brutalités. « Il y a beaucoup de violences, des enfants qui sont battus, des filles qui sont violées ou même des garçons qui sont violés », explique-t-elle.

Dès leur arrivée, les enfants se retrouvent dans la cour autour de Seydina, éducateur, pour, comme tous les enfants du monde, jouer et chanter ensemble. « Ils doivent vivre comme tous les enfants. On est là chaque jour avec eux. Ici, c’est comme une famille », rapporte-t-il.

Ce n’est pas la première fois que l’Etat tente de lutter contre la mendicité des enfants. Mais pour la première fois, le gouvernement a annoncé des amendes et des peines de prison jusqu’à cinq ans pour les parents ou les tuteurs qui mettraient leurs enfants dans la rue.

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