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Kenya

Human Rights Watch accuse les forces de sécurité kényanes d'exactions

Des soldats kenyans arrivent à l'université de Garissa cible d'une attaque des shebabs en avril 2015.
Des soldats kenyans arrivent à l'université de Garissa cible d'une attaque des shebabs en avril 2015. REUTERS/Goran Tomasevic
Texte par : RFI Suivre
4 mn

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé mercredi 20 juillet les forces de sécurité kényanes de se livrer à des enlèvements et exécutions extrajudiciaires dans le nord-est du pays contre des personnes qu'elles soupçonnent de liens avec les extrémistes islamistes somaliens shebabs. L'organisation estime même que les faits qu'elle mentionne pourraient être en fait plus nombreux.

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Human Rights Watch accuse les forces de sécurité kényanes de se livrer à des enlèvements et des exécutions extrajudiciaires dans le nord-est du Kenya. Pas moins de 34 disparitions forcées et 11 exécutions ont été documentées par l'ONG dans un rapport qui accable les autorités kényanes. « Les responsables de ces exactions sont les forces de sécurité kényanes, ce qui inclut des militaires et des unités de police. Pour établir ce constat, nous avons réalisé plus de 110 interviews de proches de victimes, de membres de forces de sécurité, de défenseurs des droits de l'homme, de chefs de communautés, et d'autres contributeurs », explique à RFI Otieno Namwaya, l'un des auteurs de ce rapport à Nairobi.

Ces faits se seraient déroulés dans le cadre d'opérations antiterroristes menées dans les comtés de Garissa, Mandera et Wajir, proches de la Somalie, dont la population est majoritairement d'ethnie somali. « On a l'impression que ces exactions touchent particulièrement les Somaliens d'origine parce qu'ils s'installent majoritairement dans le nord-est où nous avons mené nos enquêtes. A Nairobi même, la plupart des victimes sont originaires de Somalie, mais ce problème touche bien tout le Kenya », précise M. Namwaya.

Aucune investigation

Le rapport décrit comment des gens ont été enlevés chez eux par des hommes masqués et armés, qui ne se sont pas identifiés, ou ont été battus dans les rues avant d'être emmenés dans des véhicules gouvernementaux. Certaines des personnes disparues ont été vues pour la dernière fois sous la garde de policiers ou de militaires. Aucune d'entre elles n'a été inculpée pour un quelconque crime, et leurs familles n'ont jamais été en mesure de retrouver leur trace, selon le rapport.

« A ce jour, il n'y a eu aucune investigation concernant ces exactions. Nous avons appelé les autorités à ouvrir des enquêtes internes et constituer une commission spéciale d'enquête, mais nous n'avons encore reçu aucune réponse », déplore finalement le coauteur du document.

« Les gens dans le nord-est du Kenya méritent d'être protégés contre les attaques des shebab, pas de subir de mauvais traitements de la part des autorités », a déclaré pour sa part le directeur exécutif de HRW, Ken Roth, ajoutant que les cas révélés par son organisation ne sont que « le sommet de l'iceberg ».

« Rapport infondé »

La police kényane a réagi en reconnaissant que ces accusations étaient « très graves » et en demandant à ce qu'elles soient soumises à l'organe chargé de superviser la police et de s'assurer qu'elle agit dans le respect du droit. « Je sais qu'ils ne nous feront pas confiance pour enquêter nous-mêmes, et c'est pour ça que nous disons qu'ils devraient donner toutes leurs informations à l'IPOA [Autorité indépendante de supervision de la police, ndlr], qui est un organisme indépendant chargé d'enquêter sur les excès de la police », a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police, Charles Owino. La police antiterroriste kényane (ATPU) est régulièrement accusée d'intimider ou de tuer des suspects, plutôt que de les arrêter.

Interrogé par RFI à propos de ce rapport, le porte-parole du gouvernement a lui refusé de commenter ce qu'il considère comme « un rapport infondé qui contient des accusations fortuites ».

L'année dernière, un précédent rapport de la même ONG avait déjà fait dénoncé des exactions de la part des forces de sécurité kényanes.

Le rapport de Human Rights Watch (en anglais)

(Avec AFP)

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