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Afrique du Sud

Municipales en Afrique du Sud: vers une défaite historique de l'ANC

Elections locales à Vuwani, province du Limpopo, le 3 août 2016.
Elections locales à Vuwani, province du Limpopo, le 3 août 2016. REUTERS/Siphiwe Sibeko
Texte par : RFI Suivre
5 mn

En Afrique du Sud, ce samedi 6 août, la plupart des bulletins de vote ont été dépouillés, ce qui donne une idée de plus en plus précise des rapports de force. L'ANC connaît des déconvenues de taille comme à Port Elizabeth, sixième ville du pays, où elle est battue par l'Alliance démocratique (AD). A Johannesburg, les partis sont au coude-à-coude, alors que l'AD remporte Pretoria avec 43,1% des suffrages. Des coalition de gestion dans certaines villes devraient s'imposer.

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Alors qu'à Johannesburg, c'est un coude-à-coude entre l'ANC et l'Alliance démocratique (AD) qui prévaut, à Pretoria, l'AD se place en tête avec 43,1% des suffrages contre 41,2% en faveur de l'ANC. Plus tôt, ce parti avait d’ores et déjà reconnu avoir perdu Nelson Mandela Bay, une défaite de taille, historique même pour le parti majoritaire. En effet, l'ANC avait indiqué que perdre la ville industrielle de Port Elizabeth [qui fait partie de la métropole de Nelson Mandela Bay], à forte majorité noire, et bastion de la lutte contre l’apartheid serait peut-être sa plus grosse défaite. L’ANC a dû reconnaître ce vendredi matin la victoire de l’opposition sur ses terres.

Mmusi Maimane, leader de l'Alliance démocratique, dans l'attente du résultat des municipales à Pretoria, le 4 août 2016.
Mmusi Maimane, leader de l'Alliance démocratique, dans l'attente du résultat des municipales à Pretoria, le 4 août 2016. REUTERS/Siphiwe Sibeko

L’Alliance démocratique (AD) arrive en tête du scrutin à Nelson Mandela Bay avec 46,5% des suffrages. Le parti majoritaire ANC lui, tombe à 41%. Aucun parti n’obtenant de majorité absolue. Pour pouvoir gouverner dans cette agglomération où elle arrive en tête, l’Alliance Démocratique va donc avoir besoin de soutien.

Le parti libéral pourrait se tourner vers le parti EFF (Les combattants de la liberté économique) qui s’impose comme la troisième force de cette élection, avec 8% des suffrages au niveau national. Le parti de la gauche radicale va certainement jouer un rôle d’arbitre dans plusieurs autres municipalités.Ce ne sera pas le cas dans la ville du Cap où l'Alliance démocratique, qui y gouverne depuis 2006, a obtenu une écrasante majorité (66%).

Le parti EFF se pose en arbitre

Avant les élections, la formation de Julius Malema rejetait l’idée même d’une coalition, mais les choses pourraient évoluer après l'annonce officielle des résultats de ces municipales. Les cadres du parti EFF ont déjà signifié qu’ils refuseraient catégoriquement une alliance avec l’ANC et qu’ils demanderaient des garanties « en fer forgé » pour faire coalition avec un autre parti.

Lors d'une conférence de presse au ton particulièrement relevée, Julius Malema a déclaré que le parti EFF « n'est ni désespéré, ni avide de pouvoir » et qu'il ne se donnerait pas si facilement. Selon lui, l'EFF n'a aucune raison de voler au secours de l'ANC accusé de « violenter l'Afrique du Sud ». Il ne souhaite pas non plus soutenir l'Alliance démocratique, car il entend « agir au bénéfice des enfants africains, pas pour protéger le privilège blanc ».

Pour l'instant, personne n'a encore approché le parti de gauche radicale mais son chef se dit ouvert à d'éventuelles discussions, car il serait « immature de refuser le dialogue », selon lui.

Il semble par ailleurs que Mmusi Maimane, le leader de l'Alliance démocratique, ait approché d’autres partis plus minoritaires pour discuter d’une éventuelle entente, notamment l'UDM de Bantu Holomisa à Port Elizabeth.

Les questions nationales dans l'esprit des électeurs

« Dans un pays où les centres urbains deviennent de plus en plus importants dans notre économie, explique Daniel Silke, analyste politique, ce sont les électeurs urbains qui commencent maintenant à changer leur vote. On y remarque un recul subtantiel des votes pour l'ANC au pouvoir en faveur de l'Alliance démocratique ».

« Bien que ce soit une élection locale où les électeurs sont normalement concernés par la façon dont leurs villes et leurs banlieues sont gérées et dirigées, poursuit-il, les électeurs avaient aussi très certainement en tête les problèmes liés aux questions nationales, comme par exemple la performance de l'ANC sur l'économie de l'Afrique du Sud qui connaît un déclin notable. Il y a aussi des interrogations sur la façon dont Jacob Zuma lui-même dirige le pays ».

« Donc c'est vraiment une combinaison de facteurs nationaux concernant l'Afrique du Sud et d'une insatisfaction grandissante sur la façon dont ces grandes villes en particulier ont été gérées ces dernières années. Les niveaux de corruption sont hauts, les services municipaux fournis sont faibles, tout ça a contribué à la colère des électeurs », conclut Daniel Silke.

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