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Afrique du Sud

Après le premier tour des municipales, place aux négociations en Afrique du Sud

Julius Malema, le leader de l'EFF, avant un meeting en amont des élections municipales sud-africaines, le 27 juillet 2016 à Etwatwa.
Julius Malema, le leader de l'EFF, avant un meeting en amont des élections municipales sud-africaines, le 27 juillet 2016 à Etwatwa. REUTERS/Siphiwe Sibeko
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En Afrique du Sud, les élections municipales ont acté le désaveu d'une partie de la population vis-à-vis du Congrès national africain (ANC). Toujours dominant nationalement, le parti historique de Nelson Mandela a perdu 8% de ses soutiens depuis les précédentes municipales de 2011. Mais ni l'ANC ni l'Alliance démocratique ne parviennent à se hisser au-dessus de la barre des 50% dans plusieurs municipalités. Des alliances sont donc nécessaires et les négociations vont bon train.

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La majorité absolue n'a pas été atteinte dans 27 villes sud-africaines. Dans chacune d'elles, les nouveaux élus ont deux semaines pour nouer des alliances pour tenter de rassembler 50% des suffrages. Dans le système électoral proportionnel sud-africain, les plus petits partis ont un véritable rôle à jouer dans les rapports de force.

L'Alliance démocratique (DA) et l'ANC ont déjà lancé les négociations pour trouver les partenaires politiques qui leur permettront de prendre la main dans plusieurs villes.

Le leader de gauche radical Julius Malema est évidemment très courtisé, puisqu'avec 8% des voix au niveau national, il peut faire basculer presque n'importe quelle majorité. L'ANC a besoin du parti EFF pour gouverner Johannesburg et la DA lui tend la main à Pretoria. Dans son rôle de faiseur de rois, Julius Malema savoure sa victoire sur son ancien parti. Le leader populiste a déjà fait savoir qu’il ne négocierait avec l’ANC que si Jacob Zuma quitte le pouvoir.

Dans l'agglomération de Nelson Mandela Bay, les discussions avancent. L'Alliance démocratique a déjà sécurisé un accord avec le parti UDM de Bantu Holomisa. Il ne manque plus que deux sièges à la DA pour remporter définitivement cette municipalité.

L'ANC toujours sous le choc

Au lendemain des élections, le parti majoritaire tente lui de se remettre en ordre de bataille malgré le choc. Le Congrès national africain a vécu son soir de débâcle à l’annonce des résultats officiels des municipales. Les célébrations prévues par le parti ont dû être annulées en catastrophe samedi 6 août au soir.

Au même moment, dans les locaux de la commission électorale, le discours de clôture prononcé par Jacob Zuma se transformait en séance d’humiliation publique. Des jeunes manifestantes ont perturbé l’allocution du chef de l’Etat en brandissant devant des pancartes en mémoire de Khwezi, la jeune fille qui avait porté plainte pour viol contre Jacob Zuma en 2005. Une dernière image dévastatrice, devenue en quelques heures le symbole de la faillite de l’ANC.

Le parti majoritaire doit maintenant tendre la main à ses anciens ennemis pour espérer gagner la mise dans les municipalités toujours en mal de majorité absolue. Le jeu des alliances crée en tout cas de nombreuses frictions à l’intérieur de chaque parti, mais peut-être plus encore au sein de l’ANC, déjà très divisée.

Il semble par exemple que les leaders du parti majoritaire dans la province du Gauteng aient décidé de faire cavalier seul, en contactant directement Julius Malema pour tenter de sauver Johannesburg et Pretoria. Ces responsables locaux de l’ANC comptent parmi les critiques du leadership national du parti, et ils n’entendent plus aujourd’hui protéger le président avant leurs propres intérêts politiques.


Analyse

Koffi Kouakou est analyste en affaires africaines à l'université du Wit waters rand. Pour lui, trois scénarios sont envisageables pour une recomposition de l’ANC :

1) « Les chiffres le montrent. Il y a un cri extraordinaire pour demander à l’ANC de trouver un nouveau leadership et donc de se débarrasser du président Zuma. Mais ce scénario n’est peut-être pas possible, reconnait-il, car les leaders de l’ANC ne se rendent pas compte à quel point l’image de marque du président n'est pas la hausse.»

2) « Le deuxième scénario, c’est que l’ANC comprend rapidement qu’il lui faut renouveler son image et donc un nouveau leadership qui lui permette de regagner la confiance des citoyens sud-africains. »

3) « Le troisième scénario, c’est que l’ANC essaye de trouver un genre de partenariat, un genre de gouvernance par alliance, avec d’autres petits partis », conclut-il.

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