Burundi

Disparition de Jean Bigirimana:ses proches le cherchent, RSF demande une enquête

Jean Bigirimana, journaliste burundais qui travaille pour le journal Iwacu, a disparu le 22 juillet dernier..
Jean Bigirimana, journaliste burundais qui travaille pour le journal Iwacu, a disparu le 22 juillet dernier.. Iwacu
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Quatre jours après avoir été découverts par des journalistes burundais, deux corps ont enfin été sortis de la rivière Mubarazi. C'est l'équipe du journal Iwacu qui avait repéré ces corps lors de l'enquête pour retrouver leur collègue Jean Bigirimana. Ce dernier a disparu il y a trois semaines. L'opération avait dû être reportée à deux reprises, faute de matériel. Elle a donc enfin eu lieu jeudi 11 août. Le récit d'Abbas Mbazumutima, rédacteur en chef adjoint d'Iwacu.

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L'opération de repêchage des corps avait dû être reportée à deux reprises, faute de matériel. Elle a donc enfin eu lieu hier, jeudi 11 août et c'est le rédacteur en chef adjoint d'Iwacu, Abbas Mbazumutima, qui nous en fait le récit.

Ecoutez le récit du rédacteur en chef adjoint d'Iwacu, Abbas Mbazumutima

« Ça n’a pas du tout été facile parce que il y avait une sorte de tourbillon, des cailloux et on ne savait pas exactement où on mettait les pieds parce que l’eau arrivait presque au niveau de la poitrine ». Première surprise, avec le premier corps sorti de l'eau, « apparemment la tête a été coupée et le corps a été probablement précipité dans cette rivière mais il (est resté) coincé par des pierres », raconte Abbas Mbazumutima. Il a été difficile de sortir le second corps, « parce qu’on l’avait ligoté mais à côté de ça, on avait mis sur ces cordes, sur ses pieds, une sorte de poids, une sorte de sac rempli de pierres et ce deuxième corps portait un bandeau sur le visage ». Les deux corps étaient complètement nus et, selon le médecin qui s’était joint à l’équipe, il sera difficile difficile d'identifier les corps tant ils sont abîmés. « Il va falloir peut-être faire recours à d’autres méthodes, notamment l’ADN, pour essayer d’identifier ces corps » conclut Abbas Mbazumutima.

Rappelons que Jean Bigirimana, journaliste pour Iwacu, a disparu le 22 juillet dernier, lors d'un déplacement dans la localité de Muramvya au Burundi. Des témoins rencontrés par ses collègues assurent qu'il a été arrêté par des agents des services de renseignements, mais la police assure qu'il n'est pas détenu par les forces de sécurité.

RSF demande une enquête officielle

Reporters sans frontières demande l'ouverture d'une enquête officielle pour déterminer où se trouve Jean Bigirimana et réclame des preuves de vie. Cléa Khan-Sriber, responsable du bureau Afrique de RSF, déplore le manque d'implication des forces de sécurité.

« Les journalistes se sont rendus sur place et ont commencé à mener l’enquête. Ils ont tout d’abord essuyé de l’opposition de la part de la police locale qui voyait d’un mauvais œil que ces journalistes viennent enquêter. On sait comment les journalistes sont considérés aujourd’hui au Burundi. Et c’est seulement parce que ces journalistes se sont obstinés et qu’ils ont continué à parcourir les collines autour de Muramvya à la recherche de leur collègue que la police s’est tardivement joint à cette mission de recherche.

Donc dans les derniers jours, des forces de police faisaient partie, disons, de l’équipe qui recherchait Jean mais ce sont les journalistes qui ont lancé l’impulsion. Ce qu’on voit, c’est que clairement la police n’a aucun intérêt, en tout cas ne semble pas ni recevoir d’instructions, ni prendre les initiatives pour faire son travail d’enquête. On est dans une situation de non-droit et d’arbitraire où la police ne joue plus son rôle de protection des populations civiles. »
 

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