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RDC

RDC: violents affrontements à Beni après la visite du Premier ministre

Des jeunes se sont rassemblés en début de matinée. Ils disaient vouloir amener un mémorandum à la mairie et en avoir été empêchés. La situation s'est ensuite envenimée.
Des jeunes se sont rassemblés en début de matinée. Ils disaient vouloir amener un mémorandum à la mairie et en avoir été empêchés. La situation s'est ensuite envenimée. Sonia Rolley/RFI
Texte par : RFI Suivre
5 mn

En RDC, après le massacre de ce week-end à Beni, le Premier ministre congolais s'est rendu, mardi 16 août, à la tête d'une délégation, dans cette ville du Nord-Kivu. Augustin Matata Ponyo, à l'issue de sa visite, a été hué par la foule qui accuse le gouvernement d’être incapable de protéger les civils. Ce mercredi 17 août à Beni, des heurts ont opposé des manifestants aux forces de l'ordre qui, après avoir tiré en l’air, ont jeté des gaz lacrymogène et chargé la foule. Le dernier bilan fait état de deux morts – un civil tué par balle et un policier par jet de pierre – et d'une vingtaine de blessés de part et d'autre.

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Jusqu'à la tombée de la nuit, des jeunes jetaient des pierres sur la route ou tentaient d'ériger des barricades sur le boulevard Nyamwisi qui traverse la ville, même si à partir de 15h, la situation s'était considérablement calmée. Des habitants de Beni disent ne jamais avoir vu des affrontements durer aussi longtemps.

A l'origine, plusieurs centaines de jeunes disaient vouloir remettre un mémorandum pour demander la démission du gouvernement. Ils comptaient être rejoints par d'autres venus en solidarité de villes voisines, Butembo et Oicha.

Affrontements

Les policiers ont réagi, les empêchant de passer. En l'espace d'une demi-heure, la manifestation a tourné à l'affrontement avec les forces de l'ordre, d'abord la police, puis la police militaire et enfin l'armée. Aux jets de pierre du côté des manifestants ont répondu des tirs de gaz lacrymogène de la police.

Les jeunes ont arraché les drapeaux du parti présidentiel qui avaient été installé pour accueillir le chef de l'Etat, scandant un message : « On veut le départ du gouvernement, ils sont incapables de nous protéger ».

Une banderole déployée lors du rassemblement à Beni.
Une banderole déployée lors du rassemblement à Beni. Sonia Rolley/RFI

Les manifestants ont cherché sans cesse à revenir sur le boulevard Nyamwisi et la police et l'armée ont passé la journée à tenter d'enlever les barricades. Beaucoup de coups de feu ont été entendus. Un officier de la police l'expliquait par un manque de gaz lacrymogène et parlait de tirs pour « faire peur ».

Au moins un jeune a succombé aux tirs et quatre autres ont été blessés par balle. Le maire de la ville parle également d'un policier tué par des jets pierre. Un soldat a également été blessé par un coup de couteau militaire. Le maire de Beni voit dans cette mobilisation l'influence néfaste « d'entités qui auraient enflammé la ville ». Il assure que le gouvernement a toujours été prêt à recevoir quiconque aurait un mémorandum à remettre.

Nous sommes vraiment fâchés et nous voulons montrer au gouvernement que nous sommes vraiment fatigués de ce grand carnage qui est en train de nous enterrer. Quoi qu'ils fassent, jamais nous n'allons cesser !

Au coeur de la manifestation à Beni

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