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RDC

RDC: deux femmes soupçonnées d'être des Hutues rwandaises lynchées à Butembo

Le centre-ville de Butembo, dans le Nord-Kivu, en RDC (photo d'archives).
Le centre-ville de Butembo, dans le Nord-Kivu, en RDC (photo d'archives). Wikimedia/Creative Commons CC by Glooh at English Wikipedia
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Un peu plus de 10 jours après le massacre de Beni qui a fait une cinquantaine de morts, les craintes sécuritaires tournent à la psychose à Butembo, une ville située à une cinquantaine de kilomètres de Beni. La population insatisfaite de la capacité des autorités à les protéger d'éventuels massacres se rend justice elle-même. Mercredi 24 août, deux femmes ont ainsi été brûlées vives, soupçonnées d'être venues créer l'insécurité.

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C'est sur un barrage improvisé par les habitants de la ville que le drame est arrivé. Deux véhicules transportant des voyageurs sont arrêtés à l'entrée de la ville. Des membres d’un groupe d'auto-défense contrôlent les identités. Une opération qui consiste généralement à vérifier si les personnes maîtrisent bien les langues de la région : le swahili ou le nande.

Deux femmes ont le malheur de ne pas maitriser ces deux langues. Très vite, on les soupçonne d'être des Hutues rwandaises. Des étrangères donc. Le contrôle dégénère. Les deux femmes sont lynchées, puis brûlées sans que la police n'ait le temps d'intervenir.

Comment expliquer cette éruption de violence ? Dans l’opinion, une rumeur est largement répandue : celle que des Hutus rwandais prêteraient main forte aux rebelles ADF Nalu. Résultat, la crainte d’être attaqués par des rebelles a créé une vraie paranoïa et des réflexes xénophobes.

Interrogations et rumeurs

Pour ne rien simplifier, d’importants mouvements de migration de Hutus en direction de Bunia ont été observé ces derniers mois. Sans explication officielle, ils alimentent les interrogations et les rumeurs.

Mercredi, il aura fallu la journée pour que Butembo revienne au calme. Des tirs en l’air de la police ont résonné dans toute la ville pour venir à bout des jets de pierre et de la colère des habitants qui accusent les forces de l’ordre de ne pas faire assez pour les protéger.

Le ministre de l'Intérieur, Evariste Boschab, a d'ailleurs remis en place un couvre-feu dans les villes de Beni et Butembo de 19 h à 6 h du matin pour les quinze prochains jours. Par ailleurs, le maire de Butembo, Ikuli Uvasaka Makala, a lancé un appel au calme hier, mercredi. Il condamne la mort des deux femmes et appelle la population a ne pas se rendre justice elle-même.

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