RCA

[Reportage] RCA: les déplacés du camp de Mpoko de retour petit à petit chez eux

Des déplacés attendant pour la distribution de l'eau dans le camp de Mpoko, près de Bangui, le 26 novembre 2015,
Des déplacés attendant pour la distribution de l'eau dans le camp de Mpoko, près de Bangui, le 26 novembre 2015, AFP PHOTO / GIANLUIGI GUERCIA

En Centrafrique, le site de déplacés de Mpoko est passé en quelques mois de 28 000 à 22 000 personnes. Il faut dire que le gouvernement et la communauté humanitaire s'efforcent d'appuyer le retour des déplacés dans leurs quartiers, dans une optique de fermeture prochaine du site. Mais il existe encore quelques freins au retour.

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Sourire aux lèvres, regard triste, Marie-Victoire est une jeune femme, mère de 7 enfants. Elle a vécu pendant plus de deux ans, déplacée de chez elle. Depuis quelques semaines, elle est de retour dans son quartier : « Je suis heureuse, mais aujourd’hui la vie est difficile pour se nourrir, pour trouver du travail, pour dormir. Je suis de retour car Boulata est mon quartier. Je suis née ici. J’ai grandi ici, j’ai vécu ici. C’est normal que je revienne ».

Marie-Victoire fait partie des 1 500 personnes de retour dans le quartier Boulata, un quartier du 3ème arrondissement de Bangui. C’est un quartier qui a été en grande partie dévasté pendant la crise militaro-politique de 2013-2015. Et c’est un quartier qu'il a fallu rebâtir, comme l'explique Virgile Houssou, un responsable de l'ONG Première Urgence Internationale. Depuis fin 2015, l'ONG a construit plus de 300 maisons : « Une maison, c’est un peu trop dire, ce sont des abris d’urgence. On est conscients que c’est petit, mais ça nous permet de pouvoir satisfaire le plus grand nombre de familles, de cinq personnes en moyenne. Si non, on a des familles de 7 ou de 8. Mais il y a des familles de 2, de 3, ça compense. Donc tout le monde pour ne pas faire trop de distinction, on fait le même type de bâtiments à tout le molnde ».

Et même si petit à petit, les camps de déplacés de Bangui se vident, de nombreux habitants ne souhaitent pas retournés chez eux, notamment par peur de l'insécurité et du désœuvrement, mais aussi par peur de revivre les mêmes événements de l'année 2013 : l'angoisse de repartir une nouvelle fois de chez eux.
 

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