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Burundi

Burundi: polémique après le suicide d'un vendeur ambulant à Bujumbura

Des commerçants burundais sur un marché de Bujumbura, le 24 juillet 2015.
Des commerçants burundais sur un marché de Bujumbura, le 24 juillet 2015. AFP PHOTO/PHIL MOORE
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le suicide d’un commerçant ambulant au moment de son arrestation par la police crée la polémique au Burundi. Mercredi 24 août, un jeune homme de 27 ans, vendeur ambulant de cartes téléphoniques et réparateur de téléphones portables a mis fin à ses jours en plein centre de Bujumbura, face à l’ancien marché central. Il était en train d’être appréhendé par la police et, selon un témoin, il protestait contre le harcèlement et le racket des forces de l’ordre. Une version contestée par la police. Selon la société civile, ce cas pourrait refléter un phénomène de plus grande ampleur.

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L’image a fait le tour des réseaux sociaux : on y voit le corps d’un jeune homme baignant dans son sang. Un marchand de Bujumbura qui a mis fin à ses jours lors de son arrestation.

Depuis plusieurs semaines, la police chasse les marchands du centre-ville, qualifiés de drogués et délinquants sans avenir par le maire de Bujumbura. Des mesures illégales et contre-productives, selon Gabriel Rufyiri qui préside l’ONG Olucome (Observatoire de la lutte contre la corruption et les malversations économiques). « Ce sont des mesures qui continuent à enfoncer des citoyens burundais dans une misère sans nom, s'indigne-t-il. Il faut plutôt que les autorités réfléchissent à l’avenir. »

Selon un habitant qui a vu la scène, le jeune homme est à terre. Frappé par les policiers, il crie qu’il est sans cesse arrêté et qu’il doit payer pour être relâché. Ce cas n’est pas isolé, affirme Gabriel Rufyiri. « Ces cas sont nombreux au Burundi. Ce n’est pas normal de voir un citoyen qui est en train de lutter pour sa survie au quotidien, qui se trouve entre les mains de la police, et à qui pour être libéré on demande des pots-de-vin, donc de l’argent, de la corruption. Nous, nous disons que ce n’est pas normal », regrette-t-il.

Ce sont des mensonges, répond la police, qui parle d’un phénomène nouveau et encore inexpliqué. Pour l’Olucome, le problème est plus large. La corruption serait devenue « un mode de gouvernement au Burundi ».

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