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RDC

Ouverture du dialogue en RDC: l'opposition dénonce des dizaines d'arrestations

Affrontements entre police et jeunes du rassemblement de l'opposition autour des sièges des partis politiques d'opposition avant l'ouverture du dialogue.
Affrontements entre police et jeunes du rassemblement de l'opposition autour des sièges des partis politiques d'opposition avant l'ouverture du dialogue. RFI / Sonia Rolley
Texte par : RFI Suivre
9 mn

En République démocratique du Congo s'est ouvert jeudi après-midi le dialogue national pour des élections apaisées. Une cérémonie en grande pompe a marqué le début de ce processus. Etaient présents les représentants de l'Union africaine et des Nations unies. Dans le même temps, des affrontements ont éclaté entre les jeunes du rassemblement de l'opposition et les forces de police. Le rassemblement de l'opposition dénonce plus d'une centaine d'arrestations.

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Drôle de journée en RDC jeudi 1er septembre. Les leaders du rassemblement de l’opposition voulaient déposer leur feuille de route accompagnés de leurs jeunes militants au siège de l’Union africaine et de la Monusco. Le porte-parole de la police explique qu’il n’y avait pas besoin des jeunes pour déposer un mémorandum et qu’ils n’étaient pas autorisés à occuper la chaussée.

Plus d’une centaine de personnes ont été arrêtées, selon le rassemblement, 90 dont 85 à la Gombe selon la police. Des affrontements ont eu lieu pendant plusieurs heures, avec des jets de pierres, des gaz lacrymogènes, y compris entre partis de l’opposition pro et anti-dialogue. Des dégâts matériels sont à déplorer.

Toute autre ambiance en revanche à la cité de l’Organisation de l'unité africaine (OUA), où se tenait ce dialogue. Des dizaines de partisans de la majorité ont manifesté leur soutien au dialogue. Ils courraient entre les véhicules, drapeaux à la main, sans être arrêtés dans l’expression de leur joie.

Nous avons appelé les jeunes du rassemblement pour nous aider, nous accompagner au siège de l'Union africaine, pour déposer notre mémo. Et voilà, les policiers sont là, en train de disperser les jeunes !

Affrontements en marge de l'ouverture du dialogue

Divisions autour du facilitateur Edem Kodjo

Dans la salle de conférence, tour à tour, le commissaire paix et sécurité de l’Union africaine et le chef de la Monusco ont apporté leur soutien au facilitateur, déploré l’absence d’une partie de l’opposition, appelée notamment à « être plus flexible » et demandé au gouvernement de poursuivre les mesures de décrispation.

Toujours récusé par le rassemblement, le facilitateur Edem Kodjo a réaffirmé une nouvelle fois sa position sans parti pris, égratignant toutefois l’UDPS en révélant l’existence d’un accord secret entre la présidence congolaise et le parti d’Etienne Tshisekedi signé sous son égide au printemps dernier, pour « rétablir une vérité historique », dit-il. Mais il dit toutefois garder la main tendue, en espérant, « une fois les irritations passées », que toute la famille politique se réunira autour de la table.

Le président de l'UNC, Vital Kamerhe, interrogé par la presse à l'ouverture du dialogue. Il est le co-modérateur de ce dialogue pour la frange de l'opposition qui y participe.
Le président de l'UNC, Vital Kamerhe, interrogé par la presse à l'ouverture du dialogue. Il est le co-modérateur de ce dialogue pour la frange de l'opposition qui y participe. RFI / Sonia Rolley

C’est Vital Kamerhe qui a été le seul politique congolais à prendre la parole. Co-modérateur de ce dialogue pour la frange de l’opposition qui y participe, il a appelé au respect strict de la Constitution, à l’alternance. Le président de l’UNC a également promis d’aller ce week-end à la rencontre de ceux qui refusent toujours le dialogue qui vient de s'ouvrir. « Qu'ils nous disent pourquoi ils ne sont pas là et qu'ils viennent avec nous ! Il n'y a pas de piège », a-t-il assuré. « Une pêche miraculeuse pour aller chercher les gros poissons ? » s’est amusé le facilitateur de l’Union africaine qui donne le week-end à Vital Kamerhe pour entreprendre ses démarches.

Nous venons dialoguer parce qu'il y a une crise. Donc je suis venu ici et je tiens à dire à la nation tout entière que Kamerhe est venu pour faire respecter la Constitution et obtenir un calendrier réaliste pour avoir des élections avant l'alternance.

Vital Kamerhe, président de l'UNC et co-modérateur du dialogue, justifie sa présence

Absence des ténors de l'opposition

Le rassemblement de l’opposition, comme le MLC de Jean-Pierre Bemba, avait choisi de boycotter ce dialogue, accusant le président Joseph Kabila qui l’a convoqué de chercher par ce biais à se maintenir au pouvoir et taxant le facilitateur de l’Union africaine, Edem Kodjo, de partialité. 

Cette absence a plané sur la cérémonie ouverte par le gouverneur de Kinshasa qui s'est réjouit de l’ouverture de ce dialogue. Le deuxième intervenant, c’est le commissaire paix et sécurité de l’Union africaine, Smail Chergui. « Le souhait le plus ardent de l'Union africaine, et c'est à cela qu'elle s'est employée, aurait été de voir aujourd'hui dans cette salle de la cité de l'Union africaine l'ensemble des sensibilités politiques congolaises être représentées », a-t-il déclaré.

La majorité appelle les opposants à rejoindre le dialogue

De son côté, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende, délégué au dialogue pour le compte de la majorité, parle d'un jour important pour la RDC : « Nous pensons que nous sommes en train de résoudre un problème très important pour l'avenir de notre pays, parce qu'il s'agit de savoir si nous allons avoir des élections apaisées et transparentes ou si nous allons plonger dans le chaos, comme certains souhaiteraient nous voir le faire ».

Le sénateur She Okitundu appelle lui une nouvelle fois l’UDPS et le rassemblement de l’opposition à rejoindre le dialogue. « Nous voulons engager un débat sérieux sur la meilleure manière possible pour organiser des élections qui soient crédibles, apaisées et conformes aux standards internationaux, explique ce chef de file de la délégation de la majorité et artisan de ce dialogue. C'est ce que tout le monde attend pour régler la question de la légitimité qui effectivement bat de l'aile depuis un certain temps. »

Pour M. Okitundu, il n'est pas trop tard pour l'UDPS « de revenir aux bons sentiments et rejoindre tous les autres participants autour de la table pour que nous abordions cette étape importante qui consiste à ce qu'on élabore un processus électoral qui soit vraiment clair ».

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