Afrique du Sud

Afrique du Sud: le roi zoulou blanchi par la Commission des droits de l’homme

Le roi zoulou Goodwill Zwelithini en meeting à Durban, le 20 avril 2015.
Le roi zoulou Goodwill Zwelithini en meeting à Durban, le 20 avril 2015. REUTERS/Rogan Ward
Texte par : RFI Suivre
2 mn

En Afrique du Sud, la Commission sud-africaine des droits de l'homme (CDH) vient de rendre son verdict concernant les propos du roi zoulou Goodwill Zwelithini. Ce dernier avait suggéré, dans un discours prononcé en mars 2015, que les étrangers « volaient les emplois des Sud-Africains » et « devraient rentrer chez eux ». Selon les 31 plaignants qui avaient saisi la Commission, ces déclarations auraient largement contribué aux attaques xénophobes qui avaient enflammé le pays en avril 2015. Cependant, la Commission a jugé que la responsabilité du roi zoulou, dans ces attaques, n'était pas avérée.

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L'affaire est ancienne mais le symbole reste très fort, plus d'un an et demi après des attaques xénophobes qui avaient fait plusieurs morts et des centaines de déplacés en Afrique du Sud.

Initialement, la Commission sud-africaine des droits de l'homme devait rendre son rapport en février 2016 mais il lui aura fallu neuf mois de plus pour finaliser son enquête.

Dans ses conclusions, la Commission des droits de l'homme donne - en partie - raison au roi Goodwill Zwelithini. Ses propos, traduits du zoulou, auraient été « mal interprétés » et seraient donc sujet à caution.

Discours « blessant et nuisible »

Selon la Commission, son discours était certes « blessant et nuisible » pour les « populations vulnérables » mais il ne constitue pas une « incitation à la haine et à la violence » envers les étrangers.

Par ailleurs, la Commission n'a pas pu établir de lien direct entre le discours du roi et les attaques xénophobes d'avril 2015, contrairement à ce qui avait été admis à l'époque dans les médias.

Le roi Zwelithini a maintenant soixante jours pour apporter des preuves de son action de « réconciliation » et rencontrer les ambassadeurs des pays africains concernés par les attaques mais beaucoup jugent ce verdict insuffisant et accusent la Commission sud-africaine des droits de l'homme de laxisme dans cette affaire.
 

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