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France / Rwanda

Habyarimana: l'enquête française vise à «déstabiliser» Kagame, selon Me Forster

Un soldat du Front patriotique rwandais inspecte, le 26 mai 1994, le site sur lequel s'est écrasé l'avion du président rwandais, Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994.
Un soldat du Front patriotique rwandais inspecte, le 26 mai 1994, le site sur lequel s'est écrasé l'avion du président rwandais, Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994. Getty/Scott Peterson
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La relance de l'enquête en France sur l'attentat en 1994 contre le président rwandais Habyarimana suscite des réactions. Selon l'AFP, la justice française a lancé une nouvelle commission rogatoire internationale pour entendre le général Kayumba Nyamwasa. Sept personnes, proches du président Paul Kagame, sont toujours mises en examen dans cette affaire. Elles sont notamment défendues par Maître Léon Lef Forster. L'avocat considère ce rebondissement comme une manipulation. Il annonce déjà qu'il va contester cette commission rogatoire en raison d'un vice de procédure. Il considère ce rebondissement comme une tentative de déstabilisation du Rwanda.

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Faustin Kayumba Nyamwasa, ancien chef d'état-major de l’armée rwandaise, passé à la dissidence et exilé en Afrique du Sud, bien que mis en examen dans ce dossier, accuse, depuis plusieurs années, Paul Kagame d’être l'instigateur de l'attentat qui a coûté la vie à Juvénal Habyarimana et considéré comme l'élément déclencheur du génocide en 1994. Devenu un opposant à l’actuel chef de l’Etat rwandais, Faustin Kayumba Nyamwasa a renouvelé sa demande pour être entendu.

Selon l’AFP, au soir du 6 avril 1994, il aurait appris de la bouche de Paul Kagame lui-même que « l’avion du président Habyarimana avait été abattu par (nos) propres troupes » du FPR, est-il écrit dans sa déposition dont l’AFP a eu connaissance.

Dans ce dossier, l'avocat français, Me Léon Lef Forster, défend sept Rwandais mis en examen en France, tous issus des rangs du Front patriotique rwandais (FPR), parti aujourd'hui au pouvoir à Kigali. Joint par RFI, il évoque la possibilité d’une « manœuvre » pour « déstabiliser le président Paul Kagame ».

« Je suis extrêmement surpris de la façon dont l’annonce a été faite. Le juge se doit d’adresser une ordonnance de réouverture d’information. Nous ne l’avons pas, en l’état, reçue, ce qui ouvre la possibilité d’interjeter appel de cette décision », a-t-il déclaré sur RFI.

« La deuxième observation, c’est que nous assistons à une manœuvre grossière, vraisemblablement initiée par un arrière-cabinet occulte négationniste qui, dans ce dossier, essaie de déstabiliser le président Kagamé. Plus de vingt ans après les faits, vous avez un personnage, qui a eu des responsabilités importantes, qui découvre qu’il a des informations nouvelles à fournir, c’est quand même une curiosité. Pourquoi, pendant des années, ne l’a-t-il pas fait ?! », a ajouté Maître Léon Lef Forster.
 

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