Afrique du Sud / RDC

Harcèlement scolaire: témoignages d'étudiantes de RDC et d'Afrique du Sud

Photo d'illustration. Un garçon crie sur une fille en pleure à l'école.
Photo d'illustration. Un garçon crie sur une fille en pleure à l'école. GeorgiaCourt / Getty Images

Alors que la Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire se tient ce samedi 5 novembre, ce fléau toucherait des dizaines de millions d’élèves dans le monde. Les cas sont nombreux notamment en Afrique où ils restent largement impunis. Témoignages venus de République démocratique du Congo (RDC) et d’Afrique du Sud.  

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Alors qu’elle était en deuxième année de licence, Amina* a été harcelée à l’université. « J’étais en train de préparer mon travail de fin d’études et mon directeur s’est mis à me faire des avances. C’est arrivé à deux reprises qu’il me touche. J’étais obligée de venir avec mon petit ami pour qu’il puisse me protéger. Et ensuite, j’ai dû changer de directeur, ça m’avait quand même créé des problèmes, je ne suis pas passée en première session », se remémore la jeune fille.

Même histoire pour Jémie* : celle d’un enseignant qui fait échouer une étudiante qui avait refusé ses avances. « Il y avait un assistant qui me faisait la cour et j’ai refusé. J’ai dû refaire la même classe deux fois de suite », témoigne l’étudiante.

De son côté, Djemima* a résisté courageusement face au harcèlement, mettant en danger son emploi. « On avait un directeur des Informations draguait toutes les filles. Alors moi j’ai dit non. Il me dit : tu es obligée de passer par moi », détaille la jeune congolaise. La jeune femme a quitté son entreprise, mais est finalement revenue, une fois son patron parti.

8% des filles ont subi des violences sexuelles

Si en République démocratique du Congo comme partout en Afrique, le harcèlement scolaire reste tabou, en Afrique du Sud, le problème est de plus en plus ouvertement discuté.

Pour ce faire, le gouvernement a mis en place des programmes pour informer et protéger les élèves, ainsi que pour les pousser à s'exprimer sur le problème. Le harcèlement reste néanmoins tabou surtout dans les milieux les plus défavorisés, où les enfants ont tendance à souffrir en silence. Une enquête datant de 2013 a montré que 8% des filles suivant des études secondaires avaient subi des violences sexuelles graves ou des viols l'année précédente au sein de l'école.

Une culture de violence

« Nous vivons vraiment dans une culture de la violence, particulièrement en Afrique du Sud, mais pas seulement. Nos enfants peuvent faire l'expérience de la violence dans leurs foyers, directement ou indirectement. Il y a toujours un usage très répandu des châtiments corporels, et le problème des violences domestiques également », analyse Gita Dennen, responsable du programme de prévention de l'organisation Childine Gauteng. Or selon elle, les enfants ont tendance à reproduire les comportements violents dont ils sont témoins ou victimes.

Autre constat : les discriminations raciales et la xénophobie s'infiltrent également au sein de l'école. « Nous savons que les enfants vont trouver des prétexte pour se moquer et harceler. Ce que nous constatons dans les écoles primaires notamment, ce sont des commentaires xénophobes, ou du harcèlement motivé par la couleur de la peau, plus ou moins foncé, ou sur les cheveux. C'est très fréquent », poursuit l’experte.

Ces abus sont rarement signalés par les élèves par crainte de ne pas être crus ou d'être discriminés.

* Les prénoms ont été modifiés par souci d'anonymat

A (RE)ECOUTER : Jennifer Hoffman: en Afrique, « les enfants ne connaissent pas leurs droits »

 

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