Burkina Faso

Burkina: 28 militaires devant la justice pour avoir fomenté un plan d’évasion

L'ex-Régiment de sécurité présidentielle est accusé d'avoir été à l'origine du putsch raté de septembre 2015. Ici, des membres du RSP à Ouagadouguou, le 17 septembre 2015.
L'ex-Régiment de sécurité présidentielle est accusé d'avoir été à l'origine du putsch raté de septembre 2015. Ici, des membres du RSP à Ouagadouguou, le 17 septembre 2015. REUTERS/Joe Penney

Reprise du procès des militaires qui voulaient attaquer la maison d’arrêt et de correction des armées, après deux semaines de suspension suite au départ des avocats de la défense qui voulaient mieux s’imprégner du dossier. Le caporal Madi Ouedraogo et 27 autres personnes sont poursuivies pour « détention illégale d’armes à feu, de munitions de guerre et d’association de malfaiteurs ». En décembre 2015, ils ont été arrêtés au cours d’une réunion. Selon les autorités de la transition, ils préparaient une attaque contre la maison d’arrêt et de correction des armées en vue de libérer les généraux Gilbert Diendéré, Djibrill Bassolé et d’autres militaires incarcérés dans le cadre du putsch de septembre 2015.

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A la reprise du procès, la vingtaine d’avocats chargés de défendre les accusés étaient tous dans la salle d’audience. Les mêmes avocats ont été reconduits malgré la demande du commissaire du gouvernement de désigner de nouveaux avocats. La raison, les premiers s’étaient déportés à l’ouverture de ce procès. Mais le bâtonnier de l’ordre des avocats a expliqué que désigner de nouveaux avocats, signifierait un « nouveau report » du procès pour les « mêmes raisons ».

Proposition acceptée par toutes les parties. « Allons à l’essentiel, car le peuple attend de recevoir la vérité », a déclaré le commissaire du gouvernement. Cette reprise a buté encore sur des questions de procédure. Les avocats de la défense ont remis en cause certains documents inclus dans le dossier. L’ordre de poursuite des militaires accusés a été signé par le chef d’état-major général des armées, suite à une délégation de pouvoir du président de la transition et du ministère de la Défense. L’ordre de poursuite aurait pourtant dû être signé par le ministre de la Défense lui-même.

« Une irrégularité », selon les avocats qui demandent l’annulation de la procédure et la libération des prévenus. En outre, ils dénoncent la tenue de ce procès dans un tribunal militaire. Selon maître Christophe Birba, l’un des avocats de la défense, « les infractions visées dans le cadre de ce procès sont du domaine du droit commun et non militaire », et le simple fait d’être militaire ne suffit pas pour confier le dossier à un tribunal militaire précise-t-il.

Après plusieurs heures de débats, le président du tribunal a finalement demandé une suspension de trois heures pour consulter certains textes.

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