RDC

RDC: des problèmes lors de l’enrôlement des nouveaux électeurs

Un agent de la Céni, à Kinshasa, lors de l'élection présidentielle de 2011.
Un agent de la Céni, à Kinshasa, lors de l'élection présidentielle de 2011. AFP PHOTO/ GWENN DUBOURTHOUMIEU

En République démocratique du Congo (RDC), alors que l'enrôlement des nouveaux électeurs a commencé, de plus en plus d'incidents et de difficultés sont signalés dans différentes régions du pays. Monnayage de la carte d'électeurs ou encore centres d'enrôlement trop éloignés, ces difficultés font craindre aux acteurs de la société civile un retard dans l'enregistrement des électeurs, alors que l'enrôlement est censé ne durer que trois mois.

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A Lubumbashi, voilà un mois que les Congolais, en âge de voter, peuvent s'enregistrer et retirer leur carte d'électeur. Mais dans la capitale du Katanga, des incidents ont été signalés ces dernières semaines.

Joint par RFI, Jonas Mulumba, de l'ONG Justicia, revient sur l'un de ces incidents, survenu le 5 janvier.

« Balles réelles »

« Les policiers ont tiré à balles réelles sur des jeunes qui voulaient se faire enrôler et qui avaient catégoriquement refusé de verser les 1 000 francs qui sont exigés pour accéder au centre d’enrôlement », a-t-il spécifié. Résultat : trois personnes ont été blessées et un procès en flagrance.

Le monnayage de l'accès aux centres d'enrôlement, par la police, est un des problèmes signalés dans, au moins, trois provinces du pays, à savoir l’Ituri, le Katanga et le Haut-Katanga. Dans certaines régions, la police elle-même a mis en garde ses agents contre cette pratique.

Dans la province du Tanganyika, on signale des kits électoraux confisqués par des groupes armés.

Il manque des centres

Au Sud Kivu, où l'enregistrement des électeurs a commencé le 25 décembre, seule la moitié des centres d'enrôlement fonctionnent dans la zone de Shabunda. « Sur les 116 centres qui sont prévues ici, il n’y en a qu’une cinquantaine qui sont opérationnels, et c’est un problème pour les populations parce que les populations vont parfois quitter leur territoire d’origine pour aller s’enrôler en dehors de leur territoire » explique Joseph Mpeseni, président de la société civile du territoire de Shabunda

Au Nord-Kivu où l'enregistrement des électeurs a commencé le 3 janvier, il manque aussi des centres d'enrôlement. « Il y a ceux qui sont à 7 kilomètres ou même à 10 kilomètres. Pour beaucoup, c’est une longue distance car quand quelqu’un doit faire 7 ou 10 kilomètres, aller-retour, vous voyez ce que cela représente », a expliqué, à RFI, Gilbert Kambale, président de la société civile de Beni.

La Commission électorale nationale indépendante (Céni), en visite, mardi, à Beni, a promis de trouver une solution à ces problèmes. Cependant, les acteurs de la société civile appellent les autorités à faire vite et à trouver rapidement des solutions car l’enregistrement des électeurs est censé ne durer que trois mois et c’est toute la crédibilité des élections à venir qui en dépend.

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