Angola

Angola: levée de bouclier contre un projet de loi criminalisant l'avortement

Des centaines d'Angolais sont descendus dans la rue le 18 mars 2017 pour manifester contre le projet de loi qui criminaliserait l'avortement dans le pays.
Des centaines d'Angolais sont descendus dans la rue le 18 mars 2017 pour manifester contre le projet de loi qui criminaliserait l'avortement dans le pays. AMPE ROGERIO / AFP

En Angola l’Assemblée nationale devait se prononcer ce mercredi 22 mars sur la réforme du Code pénal qui date de la période coloniale. Mais le vote a été reporté sine die en raison de la polémique qu’a suscitée la modification de l’article portant sur l’avortement.

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Depuis 1886, le Code pénal angolais tolère l’interruption volontaire de grossesse en cas de viol ou de malformation du fœtus, mais dans le texte actuellement discuté, ces exceptions sont supprimées. Tout avortement deviendrait donc passible de 4 à 10 années de prison.

Mais la question divise profondément les Angolais. La fille du président, Isabel Dos Santos a même pris position pour dénoncer « un recul de deux siècles ».

Fait rare, plus de deux cents personnes sont descendues dans la rue ce week-end à Luanda pour marcher en direction du cimetière de Santa Anta où reposent de nombreuses femmes décédées des suites d’un avortement clandestin. « Je suis libre, je décide » pouvait on litre sur les pancartes. Pour la première fois, la demande d’une légalisation est formulée.

Pour l’avocate Ana Paula Godinho, le parti au pouvoir cherche le soutien des institutions religieuses dans un pays catholique à plus de 90%. Le principal parti d’opposition l’UNITA, qui s’est simplement abstenu lors du précédent vote, propose lui l’organisation d’un référendum sur le sujet. Face à la levée de boucliers, le MPLA, majoritaire à l’assemblée, a annoncé le report sine die de la réforme, évitant ainsi une opposition frontale, à quelques mois des élections générales.

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