Qatar / Libye

Qatar: avalanche d'accusations du porte-parole de l'armée nationale libyenne

Le colonel Ahmad al-Mismari, le porte-parole de l'Armée nationale libyenne, le 26 mai 2017.
Le colonel Ahmad al-Mismari, le porte-parole de l'Armée nationale libyenne, le 26 mai 2017. Wikimedia commons/Reuters

La crise de Qatar prend de plus en plus la forme d'un tsunami politique et économique qui se répercute jusqu'en Afrique. Les Emirats arabes unis qualifient Doha de «champion de l'extrémisme et du terrorisme dans la région». L'Arabie saoudite lui demande de changer sa politique pour épouser le consensus régional sur les mouvements islamistes radicaux. En Libye, les langues se délient aussi. De graves accusations ont été émises jeudi 8 juin à Benghazi par le colonel Ahmad al-Mismari, porte-parole de l'armée nationale libyenne basée à l'est du pays.

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C'est lors d'une conférence de presse jeudi que le colonel a déversé, documents à l'appui, une avalanche d'accusations très graves contre Doha. Ahmad al-Mismari accuse l'attaché militaire du Qatar en Afrique du Nord, Salem Ali Jarboui, d'être un officier du renseignement et d'avoir corrompu des personnalités influentes en Libye. « Des chefs de tribus ont été achetés et ont touché 30 000 dollars chacun », a-t-il déclaré.

Il souligne au passage que l'argent a également financé des criminels sortis tout droit de prison pour être au pouvoir. Il site Mahdi al-Harati, un des chefs d'Ansar al-Charia devenu maire de Tripoli sous la protection du Qatar qui l'a financé.

Il donne le nom de la banque Iskan à Tataouine en Tunisie, où 8 milliards de dollars auraient était déposés, selon lui, pour financer al-Qaïda, l'organisation Etat islamique et toutes les autres organisations extrémistes qui en découlent en Afrique du Nord.

Toujours selon ce responsable, le Qatar aurait également transporté de l'argent, des armes et le groupe EI en Libye.

Quant à la vague d'assassinats qui a visé les membres de l'armée, de la police, mais aussi des personnalités de la société civile à Benghazi entre 2012 et 2014, là encore le Qatar serait derrière, affirme le colonel al-Mismari.

Et d'après le colonel, c'est aussi Doha qui a commandité l'assassinat d'Abdelfattah Younès en 2011. Cet ancien chef de l'armée libyenne était la plus grande personnalité en vue pour diriger la Libye après Kadhafi.

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