RDC

RDC: évasion spectaculaire de la prison de Béni

Des soldats de la Monusco, le 23 octobre 2014 à Béni en RDC (photo d'illustration).
Des soldats de la Monusco, le 23 octobre 2014 à Béni en RDC (photo d'illustration). AFP PHOTO / ALAIN WANDIMOYI

C'est une nouvelle évasion spectaculaire en République démocratique du Congo. Quasiment tous les détenus de la prison de Béni se sont évadés après une attaque dimanche après-midi 11 juin. Les autorités parlent d'une centaine d'assaillants mais ne désignent aucun responsable pour l'instant. Huit gardiens ont été tués

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Sur les 966 détenus que comptait la prison de Béni, il n'en restait plus que 36 dimanche soir. Tous les autres ont disparu après l'attaque menée en début d'après-midi dimanche. Des assaillants, habillés en civil selon les premiers témoignages, ont ouvert le feu sur les gardiens tuant huit personnes. Ils ont ensuite réussi à entrer dans la prison et à libérer presque tous les détenus.

Quelques heures plus tard, réunion de crise autour du gouverneur du Nord-Kivu. Le commandant de la région militaire, le commissaire provincial de la police et tous les services de renseignements étaient présents. Ils ont décidé d'imposer un couvre-feu dès 18h30 pour faciliter les opérations de recherche.

L'attaque a fait au moins huit morts parmi les gardiens, des blessés aussi mais aucun chiffre n'avait encore été communiqué tard dimanche soir. Une cinquantaine de familles habitant dans les environs de la prison ont également fui leur maison pour se réfugier dans le centre-ville de Béni.

Un bilan lourd pour une attaque prévisible, selon la société civile. La prison était surchargée, les détenus étaient trois fois trop nombreux. A tel point que certains avaient demandé récemment le transfert des prisonniers considérés dangereux vers d'autres prisons plus sécurisées.

La prison a été attaquée à l'arme lourde par des assaillants. Le bilan provisoire est de 930 prisonniers qui se sont évadés, sur les 966 que comptait la prison...

Julien Paluku, gouverneur de la province du Nord-Kivu


■ Une mise en garde il y a 10 jours

Après cette évasion spectaculaire, la société civile rappelle qu'elle avait déjà alerté sur un risque d'attaque de la prison. Le mois dernier, 4 000 personnes avaient réussi à s'enfuir de la prison de Makala dans la capitale. Quelques jours plus tard, d'autres détenus s'étaient évadés de commissariats d'une autre commune de Kinshasa.

Le phénomène inquiète Gilbert Kambalé, le président de la société civile du Nord-Kivu : « Nous avions alerté il y a une dizaine de jours par un communiqué de presse, pour dire que, avec tout ce qui se passe dans d’autres prisons, nous craignons ce qui est arrivé ici à Béni, nous craignons le feu de contagion par rapport aux autres prisons qui ont été attaquées. Ça, c’est un. De deux, il y a des groupes qu’on appelle les Maï-Maï qui ont attaqué un village à une dizaine de kilomètres. Il y avait également des tracts qui disaient qu’ils voulaient venir libérer les leurs, qui étaient en prison. Voilà les raisons qui nous ont poussés à appeler les autorités à prendre des dispositions et à renforcer la garde, les hommes également et les munitions et tout, pour parer à toute éventualité ».

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