RDC

La RDC est en «grand danger» pour Kofi Annan et 9 ex-présidents africains

Kofi Annan, en mars 2012.
Kofi Annan, en mars 2012. REUTERS/Denis Balibouse

L'avenir de la République démocratique du Congo est en «grand danger», c'est en ces termes que Kofi Annan et neuf ex-présidents africains s'inquiètent de la situation dans le pays. Dans un «appel urgent en faveur d'une transition pacifique et démocratique en RDC», ils s'alarment de la non-tenue encore des élections.

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Les mots sont forts, ces dirigeants africains se disent « consternés » par la situation politique en République démocratique du Congo et notamment par l'absence d'organisation d'une élection présidentielle. Une échéance reportée sans nouvelle date depuis décembre 2016 et qui doit permettre cette transition démocratique dans le pays. Résultat, la crise politique que traverse la RDC constitue une « menace à la stabilité, la prospérité et la paix de toute la région des Grands Lacs, voire de l'Afrique tout entière ». Les termes de cet appel sont donc sans ambiguïté.

Kofi Annan, mais aussi l'ex-président sud-africain, Thabo Mbeki, ou encore les ex-présidents du Nigeria et du Bénin, ils sont neuf en tout à s'alarmer que l'accord politique conclu entre majorité et opposition le 31 décembre dernier, et qui a permis d'éviter « un désastre », ne soient pas respectés et que les élections ne soient pas organisées d'ici la fin de l'année. Le non-respect de cet accord mine la possibilité d'une transition non violente, disent-ils, or les élections sont la seule option pour résoudre la crise de légitimité dont souffrent aujourd’hui les institutions politiques congolaises.

Ils appellent donc le Congo, mais aussi la communauté internationale à fournir toutes les ressources pour organiser ces élections d'ici la fin de l'année. Ils mettent aussi en garde : « Si la crise actuelle » n'est pas résolue « elle aura des conséquences sur tout le continent africain ».

Le porte-parole de la majorité présidentielle, Alain Atundu Liongo, a réagi. Il trouve cette communication injuste avec le pouvoir congolais et partiale.

Je ne pense pas que ce genre de communication publique soit la meilleure voie pour s'adresser à un chef de l'Etat qui a certainement des éléments dont ils ont besoin pour pouvoir donner un jugement beaucoup plus nuancé et motivé.

Alain Atundu Liongo


■ Moïse Katumbi annonce son retour sans donner d’échéance

De son côté, l'opposant congolais en exil et candidat à la présidentielle, Moïse Katumbi annonce son retour au pays. Actuellement, il est encore poursuivi en RDC dans une affaire immobilière pour le moins controversée. Ce n’est pas la première fois qu’il fait une telle annonce, mais celle-ci fait suite à la demande du comité des droits de l'homme de l'ONU qui appelle Kinshasa à garantir son retour en toute sécurité.

Il est demandé à la République démocratique du Congo d’assurer la sécurité de Moïse Katumbi, de ne pas l’arrêter et de lui permettre de participer aux élections présidentielles. Alors nous allons demander – mais c’est un processus cette fois qui est politique – à la Monusco sa protection efficace, efficiente, pour ne pas qu’il lui arrive malheur.

Eric Dupond-Moretti

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