RDC / Justice

Massacre de Mwanza Lomba en RDC: abandon des charges de «crimes de guerre»

En mars, la justice militaire congolaise avait annoncé l'inculpation de sept militaires accusés de crimes de guerre pour le massacre de Mwanza Lomba.
En mars, la justice militaire congolaise avait annoncé l'inculpation de sept militaires accusés de crimes de guerre pour le massacre de Mwanza Lomba. Sonia Rolley/RFI

Une nouvelle audience est prévue ce lundi dans le procès du Mwanza Lomba qui se déroule au tribunal militaire de Mbujimayi, au Kasaï, en RDC. Samedi, alors que chacun attendait le délibéré, les juges ont surpris tout le monde en requalifiant les faits et en abandonnant les charges de «crimes de guerre». Les sept soldats qui avaient été inculpés pour «crime de guerre par traitement cruel, par mutilation», ainsi que «refus de dénonciation d'une infraction commise par des justiciables de juridictions militaires» après la diffusion d'une vidéo dans laquelle on les voyait tirer, parfois à bout portant, sur des miliciens présumés, pour la plupart désarmés, seront finalement jugés pour «meurtre», «dissipation de munition» et «outrage». Une décision controversée.

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Pour l'avocat de la défense, Me Jimmy Bashilé « un pas est franchi vers la vérité ». Il plaide pour l'acquittement pur et simple et estime que la qualification de crime de guerre ne pouvait être retenue. Selon lui, les militaires ont agi en légitime défense après une embuscade. Et la vidéo ne permettrait pas à elle seule d'identifier qui était ou non armé ce jour-là.

« Pour parler de crimes de guerre, il y a des éléments constitutifs. Or, ici, dans ce cas d’espèce, on ne se retrouve dans aucune catégorie parce que là, il y avait une milice armée. Il y a eu la détonation d’un canon. Ils étaient porteurs d’armes AK47 et c’est dans la réplique qu’il y a eu des victimes ».

Pour son confrère, l'avocat Me Daisy Mukebayi, qui observe le procès en indépendant, la vidéo est au contraire tout à fait explicite. Il dénonce une décision politique : « C’est une volonté manifeste de la cour de s’opposer à une volonté internationale en considérant que des violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire n’ont pas été commises. C’est minimiser la gravité des faits. En réalité, quand vous visualisez la scène, tous les actes qui sont commis rentrent dans la définition de ce que l’on entend par crimes de guerre, crimes contre l’humanité ».

D'autres observateurs parlent d'un mauvais signal pour ce premier procès de la série de massacre présumés commis dans les Kasaï. Un procès déjà mené au pas de charge et qui s'est jusqu’à présent déroulé sans parties civiles et sans témoins.

RFI

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