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Burundi

Burundi: le facilitateur interpellé par des ONG et félicité par le pouvoir

Benjamin Mkapa, le facilitateur dans la crise burundaise.
Benjamin Mkapa, le facilitateur dans la crise burundaise. EBRAHIM HAMID / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Burundi, plusieurs ONG interpellent Benjamin Mkapa pour lui demander de relancer le dialogue interburundais. L’organisation de lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome) et trois autres ONG burundaises rappellent dans une lettre au facilitateur du dialogue interburundais qu’il s’était engagé l’an dernier à parvenir à la signature d’un accord de sortie de crise au plus tard à la fin du mois de juin 2017. En ce début du mois de juillet, le dialogue est toujours au point mort.

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Les ONG demandent donc au facilitateur de redoubler d’efforts et de tout mettre en œuvre pour empêcher le gouvernement de modifier la constitution en vue de permettre au président Pierre Nkurunziza de se représenter en 2020.

« C’est un échec. La principale raison [c'est que] la partie gouvernementale ne veut pas participer dans un dialogue inclusif. Nous pensons que c’est pour gagner du temps. Si le dialogue traîne, le CNDD-FDD (parti au pouvoir NDLR) gagne son pari. Les préoccupations principales du gouvernement, c’est la modification de la Constitution. C’est pour cette raison que la lettre que nous venons d’envoyer à la facilitation parle de tous ces problèmes, en demandant à la facilitation à clôturer dans les meilleurs délais les pourparlers, tout en obligeant le gouvernement à ne pas modifier la Constitution », explique à RFI Gabriel Rufyiri, président de l’Olucome.

Dans une lettre confidentielle rendue publique le mois dernier, Benjamin Mkapa faisait part aux chefs d’Etat de la région des difficultés rencontrées au cours de sa mission et désignait le gouvernement burundais comme principal responsable des lenteurs du processus.

A l’occasion des célébrations du 55e anniversaire de l’indépendance ce weekend, le secrétaire général du parti au pouvoir s’est également adressé au facilitateur tanzanien, mais pour le féliciter pour ses réalisations. « L’objet de ce dialogue était d’abord de réconcilier le peuple qui était dispersé à cause de la crise. Pour des Burundais qui étaient réfugiés à l’extérieur du pays, le facilitateur est venu, effectivement, pour faciliter ces rencontres, ce dialogue. On s’est rencontrés. Alors vous avez vu qu’après il y a eu un retour massif des Burundais qui étaient à l’extérieur du pays. Vous avez vu de hautes personnalités, vous avez vu des députés, vous avez vu des hauts cadres, qui ont accepté de rentrer parce que le climat était devenu normal », a déclaré Evariste Ndayishimiye sur la radiotélévision nationale burundaise.

Enfin, de son côté, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés affirme pour sa part que le nombre de réfugiés fuyant le Burundi est au contraire en hausse. Plus de 415 000 personnes ont quitté le pays depuis le début de la crise d’après ses estimations.

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