RDC

Massacre de Mwanza Lomba en RDC: 7 militaires condamnés à de lourdes peines

L'auditorat général des Forces armées de la RDC.
L'auditorat général des Forces armées de la RDC. Sonia Rolley/RFI
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Sept des neuf militaires poursuivis pour le massacre de Mwanza Lomba au Kasaï Oriental ont été reconnus coupables et condamnés à des peines allant de la perpétuité à 15 ans de prison. Un adjudant a lui été condamné à 12 mois de prison pour non-dénonciation et un autre acquitté faute de preuves.

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La perpétuité pour les deux prévenus en fuite, 20 ans de prison pour les deux majors, dont le commandant de l'opération, 15 ans de servitude pénale pour les trois autres officiers, dont l'auteur de la vidéo. Le procès qui s'est tenu devant le tribunal militaire de Mbuji-Mayi faisait suite à la diffusion d'une vidéo dans laquelle on voyait les militaires tirer, parfois à bout portant, sur des miliciens présumés, pour la plupart désarmés, dans le village de Mwanza Lomba, dans le Kasaï Oriental en décembre 2016.

Si les peines ont été légèrement revues à la baisse par rapport à celles requises par l'accusation, la culpabilité pour meurtre et dissipation de munitions de guerre a été bel et bien établie par le juge.

Pour la défense c'est une incohérence. Maître Jimmy Bashile continue de plaider la légitime défense et l'exécution des ordres. « C'est l'Etat congolais qui les a dotés de ces armes pour aller mettre fin à ces phénomènes, affirme-t-il. Comment la cour peut-elle conclure qu'il s'agit d'un meurtre ? »

Elle a déjà prévu d'interjeter appel. Les observateurs de leur côté se disent satisfaits que la culpabilité des militaires ait été établie. Des soldats que l'on voit tirer parfois à bout portant sur des miliciens présumés, dont des femmes, et pour la plupart désarmés, dans la fameuse vidéo.

Reste « un goût d'inachevé », confie un observateur de l'association du barreau américain. A aucun moment ceux qui sont visés par les tirs et la répression de l'armée n'ont été entendus, à savoir les miliciens présumés. « Aucun n'a voulu témoigner malgré les appels lancés. Le procès s'est ainsi contenté d'une seule version de l'histoire ». Une histoire incomplète et qui risque de minimiser les crimes commis dans les Kasaï, regrette cet avocat.

RFI

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