Gambie

Gambie: le business présumé du zircon de l’ex-président Yahya Jammeh

Le sable des plages de Gambie renferme des minéraux lourds, dont du zircon, utile dans l’industrie chimique et nucléaire.
Le sable des plages de Gambie renferme des minéraux lourds, dont du zircon, utile dans l’industrie chimique et nucléaire. STRINGER / AFP

Cela fait deux semaines qu’une commission d’enquête enchaîne les auditions en Gambie pour essayer de retracer les activités financières de l’ancien président Yahya Jammeh et de ses proches. Le but : établir si des fonds publics ont été détournés, lors de ses 22 ans de présidence. En partant de l’ouverture de divers comptes en banque et de transactions effectuées, les trois membres de la commission d’enquête ont mis le doigt sur une affaire intrigante. Le président gambien semblait gérer personnellement le secteur minier, et plus particulièrement celui de l’extraction de minéraux présents dans le sable gambien.

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La Gambie n’est pas connue pour la quantité de ses richesses minières. Mais le sable de la côte ouest du pays intéresse grâce aux minéraux lourds qu’il renferme. Il est possible d’en extraire, par exemple, du zircon, utile dans l’industrie chimique et nucléaire.

Une société australienne, Carnegie Minerals, avait commencé dans les années 2000 à exploiter ces ressources, vendant plusieurs milliers de tonnes de zircon gambien à la Chine. Mais, en 2008, l’entreprise est accusée par l’exécutif de ne pas remplir les termes de son contrat et son permis d’exploitation lui est retiré.

Aujourd’hui, grâce aux audiences de la commission d’enquête, on apprend que des sociétés gambiennes ont par la suite repris le marché, utilisant même les équipements laissés sur place par les Australiens.

Des redevances utilisées pour financer des activités hors budget officiel

Deux compagnies se sont succédé la Gameco, puis la Alhamdulillah Petroleum Mineral Company. Elles étaient gérées par des proches du président, notamment son demi-frère et un homme d’affaires libanais, mais appartiendraient, en fait, à Yahya Jammeh lui-même. Et ces sociétés ont été autorisées à exploiter ces minéraux lourds grâce à des licences octroyées par ce même président !

Selon les premiers éléments récoltés par la commission, les comptes en banque ouverts pour récupérer les redevances de ces activités étaient ensuite utilisés au gré des besoins du bureau du président pour financer des activités hors budget officiel.

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