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RDC / Sud-Kivu

RDC: une nouvelle attaque de miliciens contre la ville d’Uvira, au Sud-Kivu

Vue aérienne de la ville d'Uvira en RDC.
Vue aérienne de la ville d'Uvira en RDC. Photo MONUSCO/Abel Kavanagh
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La population d'Uvira, en République démocratique du Congo, est terrée chez elle. L'électricité est coupée. Des hommes armés, arrivés par bateaux selon un témoin, ont lancé une attaque tôt ce jeudi 28 septembre contre cette ville située au bord du lac Tanganyika. Uvira est la deuxième cité du Sud-Kivu, région située à l'extrême-est de la RDC.

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Déjà, mercredi 27 septembre 2017, des hommes armés avaient tenté d'attaquer Uvira par les collines surplombant la ville à l'ouest. Ils avaient été mis en déroute par les forces armées congolaises. Les miliciens maï maï de William Yakutumba avaient promis de marcher sur Uvira après avoir pris le contrôle de Mboko, dimanche 24 septembre.

Selon un témoignage sous couvert d'anonymat, ce jeudi matin, des hommes armés ont lancé l'assaut au lever du jour sur Uvira, en arrivant par bateaux. L'armée a riposté et aurait détruit deux embarcations : « Ici, la situation est vraiment alarmante. Il y a des tirs un peu partout. Il y a des bateaux marins qui sont venus du côté ennemi. Quatre bateaux sont venus mais deux déjà ont été détruits », confie ce témoin.

« Dans le lac Tanganyika, ajoute-t-il, on ne connaît pas leur provenance, mais quatre bateaux sont venus attaquer Uvira. Heureusement, les FARDC viennent d’en détruire deux et les deux autres ont pris la fuite. Les affrontements sont au niveau de Kabimba, au sud d’Uvira. Ils ont commencé à tirer très tôt le matin, vers 5 h. Heureusement, les militaires congolais FARDC étaient prêts et ils ont attaqué ces bateaux. Nous avons entendu l’arme lourde un peu partout. Nous sommes enfermés dans des maisons, on entend seulement du tonnerre. Les miliciens sont à côté, aux alentours de la ville. Ils ne sont pas encore entrés dans la ville. »

Les affrontements avec les FARDC ont duré plusieurs heures, mais l'attaque avait été repoussée en fin de matinée selon ces témoins qui affirment que des hélicoptères de la Monusco ont aussi été engagés. La force onusienne a en effet indiqué dans un communiqué ce jeudi matin avoir « déployé des troupes dès hier sur le terrain » afin « d'éviter l'escalade du conflit » et évoque une « réponse robuste ». A Uvira en tout cas, les habitants sont terrés chez eux. « Nous restons à la maison par prudence. Les enfants ne sont pas allés à l'école. On ne sait pas comment les choses peuvent évoluer », confie encore l’un d’eux.

A l’origine de cette attaque, la CNPSC la Coalition nationale du peuple pour la souveraineté du Congo est un mouvement fondé en 2013 et comprend un groupe maï maï emmené par un ex-officier en rupture de ban. Originaire du territoire de Fizi au Sud-Kivu, le commandant William Amuri Yakutumba  a quitté l'armée en 2007. Aujourd'hui, il affirme disposer de 10 000 hommes répartis entre plusieurs groupes actifs sur plusieurs fronts : dans le Sud-Kivu et le Maniema notamment.

Des effectifs largement gonflés selon des sources locales qui estiment que le mouvement compterait quelques centaines d'hommes. Mais des effectifs qui varieraient au grès des enrôlements effectués dans les villes tombées. En tout cas depuis 48 heures, ce groupe surprend par son armement et son adaptation tactique. William Yakutumba, dont le mouvement se nourrit notamment des taxes prélevées dans les zones minières, affirme mener une « guerre de libération », selon ses propres termes et présente notamment un certain nombre de revendications sociales. Uvira n'est qu'une étape dans son plan de conquête du pays. Il ne se donne rien de moins que deux mois pour prendre Kinshasa et faire tomber le régime de Joseph Kabila.

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