Somalie

Somalie: une semaine après l’attentat, le traumatisme est toujours palpable

Des civils évacuant le lieu de l'attentat, le 14 octobre 2017 à Mogadiscio en Somalie.
Des civils évacuant le lieu de l'attentat, le 14 octobre 2017 à Mogadiscio en Somalie. REUTERS/Feisal Omar/File Photo

Une semaine après l'attaque la plus meurtrière de son histoire, la Somalie compte encore ses morts. D'après les autorités, 358 personnes ont perdu la vie dans l'attentat au véhicule piégé survenu samedi 14 octobre à Mogadiscio. 228 autres ont été blessées et 56 sont toujours portées disparues. Toujours pas de revendication. Mais pour les autorités, la responsabilité du groupe terroriste shebab ne fait aucun doute. La population de Mogadiscio reste,elle, profondément marquée.

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La violence de l'explosion hante encore les esprits. Pour Mohamed Ibrahim, journaliste habitant de Mogadiscio, témoin de l'attaque, le traumatisme est toujours là. « Vous savez c'est quand même très difficile, après avoir vu cet incident, de l'oublier facilement. C'est resté dans le cœur de tous les Somaliens », témoigne-t-il.

Tous les Somaliens, y compris le personnel de secours. Les médecins, les ambulanciers, ceux qui étaient sur le lieu de l'attaque, à évacuer les blessés, à les transporter à l'hôpital. Ceux qui ont été en première ligne, ceux qui se sont occupés de transporter les corps des blessés vers les hôpitaux et structures médicales, qui ont vu gens mourir, etc. C'est le cas du docteur Albdulkader Aaden, directeur d'Aamine ambulance, la seule compagnie d'assurance privée de Mogadiscio. Il a vu mourrir, sous ses yeux, plusieurs victimes de l'attentat. « On a vu des gens mourir, des gens saigner, des maisons s'effondrer, brûler... et tout ça dans le sang. Le traumatisme est mental et physique. La nuit, quand on dort, on a des visions, confie-t-il. Vous savez, on revoit ce qu'il s'est passé la semaine dernière. On se réveille, et on se dit "qu'est-ce qu'il s'est passé ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" On est traumatisés mentalement, physiquement. On n'a pas encore reçu ce dont nous avons besoin vous savez. On en a pourtant extrêmement besoin pour ce type de traumatisme. C'est difficile et il n'y a rien que nous puissions faire. »

Les attentats meurtriers sont fréquents en Somalie. Mais mercredi, le président Mohamed Farmajo   à la tête du pays depuis 8 mois - a promis d'intensifier la lutte contre le groupe terroriste des shebabs.

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