Madagascar

Madagascar: disparition d'arrêts de justice de la tuerie de 2009

Les Malgaches font la queue le 8 février 2009 à Antananarivo pour rendre un dernier hommage aux victimes des événements de la veille.
Les Malgaches font la queue le 8 février 2009 à Antananarivo pour rendre un dernier hommage aux victimes des événements de la veille. WALTER ASTRADA / AFP

A Madagascar, des arrêts de la cour d'appel d'Antananarivo concernant le 7 février 2009 ont été subtilisés. Dans le pays, la tuerie du 7 février 2009 est encore gravée dans tous les esprits. Ce jour-là, la garde présidentielle de Marc Ravalomanana, l'ancien chef de l'Etat, a tiré sur la foule des partisans d'Andry Rajoelina, alors maire d'Antananarivo, qui se dirigeait vers le palais présidentiel. Une enquête a été ouverte pour retrouver l'auteur de ce vol.

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C'est un registre d'une centaine d'arrêts qui a été subtilisé jeudi au tribunal d'Antananarivo. D'après la greffière en chef de la cour d'appel, Aimée Raholihasindrahona, un individu se présentant comme un avocat stagiaire est l'auteur de ce vol. Une plainte a été déposée.

Parmi les arrêts subtilisés, ceux concernant le 7 février 2009. Ce jour-là, dans un contexte de tensions politiques et sociales grandissantes, la garde présidentielle de Marc Ravalomanana avait tiré sur une foule de manifestants. Une quarantaine de personnes avaient été tuées. L'ancien chef de l'Etat avait été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité.

Les spéculations sur les raisons de ce vol vont bon train. « Si l'on dit qu'il a intérêt a faire disparaître ce registre, c'est insensé, car le dossier n'est plus au niveau de la cour d'Appel », explique Me Hanitra Razafimanantsoa, avocate de Marc Ravalomanana à l'époque et députée du TIM, le parti de l'ancien chef de l'Etat. Pour elle il y a « une manipulation quelque part ».

Dans le cadre de l'enquête, une perquisition a été menée au domicile du colonel Ralitera Andrinandraina, personnalité pro Marc Ravalomanana, lui aussi condamné dans cette affaire du 7 février. Un proche du colonel est pour l'heure gardé à vue par la brigade criminelle.

Archives de RFI :

En septembre 2009, Aidan O'Donnell, de la rédaction en langue anglaise de RFI, a interviewé le photographe Walter Estrada, témoin des massacres du 7 février à Madagascar. Ses photographies ont fait l'objet d'une exposition au Festival du photojournalisme de Perpignan : Astrada's massacre in Madagascar.

→(Re)lire: Au moins quarante morts à Antananarivo

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