Ouganda

Ouganda: l'association des médecins suspend sa grève

Lits sans patients durant la grève des médecins, au Kirudu Hospital, à Kampala, le 9 novembre 2017.
Lits sans patients durant la grève des médecins, au Kirudu Hospital, à Kampala, le 9 novembre 2017. REUTERS/James Akena

En Ouganda, l’association des médecins (Uganda medical association) qui revendique 6 000 adhérents a suspendu sa grève samedi 25 novembre lors d’une assemblée générale extraordinaire. C’est la seconde grève de l’histoire de l’association depuis sa création en 1964. Débutée le 6 novembre dernier pour dénoncer les conditions de travail précaires du personnel médical, ainsi que des revenus considérés comme insuffisants, la grève a donc été suspendue à l’unanimité pour donner une chance aux négociations avec le gouvernement d’aboutir.

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A la majorité des voix, la grève est suspendue. Mais l’exaspération des médecins est toujours présente. Frank Asimwe est urologue. Il dénonce les revenus trop faibles des médecins – en Ouganda les salaires des personnels de santé sont environ 5 fois moindres qu’au Kenya par exemple.

« Je ne peux pas vivre à Kampala, j’ai dû chercher une maison moins chère à Mukono. A cause de cela, je dois me lever tous les matins à 4h et j’arrive le soir chez moi vers 10h ou 11h. Les enfants de docteurs vont dans des écoles de seconde zone. Certains docteurs, quand ils ont une grave maladie et qu’ils doivent être opérés, ils ne peuvent pas payer. »

Ce n’est pas seulement un problème de revenus, les médecins dénoncent les conditions de travail générales en Ouganda. Les ruptures de stock sont fréquentes, le manque de matériel même basique comme les gants ou les masques médicaux.

Des pénuries qui conduisent parfois à la perte des patients, raconte Peter Agaba, un anesthésiste. « C’est horrible de travailler dur et que cela ne serve à rien. A la fin, vous perdez quand même votre patient. Comment expliquez-vous à la famille parce que simplement vous manquez de ceci et de cela, le patient ne s’en sortira pas. Et que l’on ne peut rien faire de plus pour eux. »

Le gouvernement s’est engagé à une prise en compte des revendications du personnel soignant. Une hausse de budget est prévue. Les médecins ont donné jusqu’au 16 décembre pour voir des avancées concrètes, sinon ils pourraient se remettre en grève.

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