Tunisie

Tunisie: un projet de loi visant à protéger les policiers suscite des craintes

Checkpoint de la police non loin de la cité de Kairouan (Tunisie), le 18 mai 2013.
Checkpoint de la police non loin de la cité de Kairouan (Tunisie), le 18 mai 2013. REUTERS/Zoubeir Souissi

Une manifestation s'est tenue samedi 25 novembre à Tunis contre un projet de loi donnant davantage de droits aux agents des forces de sécurité. Le texte offre aux policiers les moyens de se défendre, mais les manifestants dénoncent un article qu’ils jugent liberticide, craignant qu’il n’instaure l’impunité en cas de violences policières.

Publicité

Suite à la mort d’un policier, poignardé par un extrémiste au début du mois à Tunis, les députés ont ressorti un projet de loi visant à protéger la police. Le texte stipule que le représentant des forces de l’ordre peut être exonéré de toute responsabilité pénale pour les blessures ou la mort de l’auteur d’une infraction.

Parmi la foule de deux cents manifestants devant le théâtre municipal de Tunis, Meriem redoute que la police n’obtienne les moyens de mater toute contestation : « Un projet de loi anticonstitutionnel, qui ne respecte pas les traités internationaux, qui ne respecte pas les principes des droits de l’homme. Ce projet de loi là, c’est un projet qui n’est pas là pour protéger les policiers, mais pour leur donner plus de force, plus de marge d’utilisation de la force à l’égard des activistes en fait. »

Un avis partagé par Inès. Elle craint que le texte ne donne carte blanche à la police : « Ca lui donne beaucoup de pouvoir donc ils peuvent nous faire beaucoup de problèmes concernant les manifestations, concernant les étudiants généralement. »

Face aux dizaines de policiers déployés avenue Bourguiba, Sadr a peur des conséquences d’une loi qu’il qualifie de dangereuse : « Nous sommes en train d’avoir de plus en plus un Etat policier, despotique, qui ne respecte pas les droits humains qui représentent pratiquement le seul acquis de la révolution. Mais non, on veut promulguer une loi qui donne l’impunité totale et absolue aux forces de l’ordre. »

Plusieurs ONG tunisiennes et internationales réclament le retrait du projet de loi, le jugeant extrêmement dangereux pour la démocratie.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail