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RDC/ONU

Experts tués en RDC: que dit le rapport de l'ONU sur l'implication d'agents de l'Etat

Les experts de l'ONU Zaida Catalan et Michael Sharp ont été assassinés dans le Kasaï, en mars 2017.
Les experts de l'ONU Zaida Catalan et Michael Sharp ont été assassinés dans le Kasaï, en mars 2017. DR
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les suites de l'enquête de RFI et Reuters sur l'assassinat des deux experts de l'ONU. Les Nations unies se sont refusées à tout commentaire, estimant que l'enquête était encore en cours. L'ONU a juste assuré qu'elle souhaitait que justice soit rendue quels ques soient les auteurs. Or, selon les documents contenus dans le dossier de la justice militaire congolaise - relevés téléphoniques, documents -, trois agents de l'Etat, à savoir un colonel, un agent de l'ANR et un ancien agent, ont tous participé à l'organisation de la mission qui a coûté la vie aux deux experts et certains d'entre eux leur ont même menti. Des faits qui n'ont été rapportés ni au cours des audiences publiques du procès de Kananga, ni dans le rapport du comité d'enquête de l'ONU. Les deux pointaient la responsabilité de miliciens Kamuina Nsapu. L'ONU ne répond pas sur ce point précis, mais insiste : son comité d'enquête n'a ni confirmé ni exclu la participation des autorités dans ce meurtre.

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Alors qu'il enquêtait sur l'assassinat de deux experts censés remettre une liste de noms de personnalités à sanctionner, le comité d'enquête de l'ONU avait « noté avec inquiétude » la colère des autorités congolaises sur la question des sanctions. Une colère qui, recommandait-il, devrait être « reconnue et gérée ». La « sensibilité relative aux sanctions » était même l'un des titres de ce rapport.

« Le comité croit qu'il n'y a pas une prise de conscience suffisante du système onusien et des experts eux-mêmes du risque accru dans leur travail dû à ces tensions ». Mais dans le même rapport, le comité estimait aussi qu'il n'existe pas « de preuves d'une intentionnalité ou d'un mobile » pour des individus ou des organisations liées au gouvernement.

Le comité d'enquête reconnaissait avoir entendu des « théories sur un complot gouvernemental », théories relayées par des sources onusiennes comme civiles. Il en fait d'ailleurs un paragraphe, qu'il introduit en parlant de personnes affectées par la mort des experts. Il cite rapidement ces informations : l'utilisation de langues étrangères au Kasaï par les assassins, de contacts téléphoniques suspects entre différents officiels et Michael Sharp et Zaida Caalan.

Mais cette version qu'il appelle « alternative », ces « théories du complot » ne sont pas plus développées dans le rapport car selon le comité, il n'y a donc pas de preuves d'une intention ou d'un mobile pour ces agents d'Etat. « Mais une absence de preuves n'exclut pas la possibilité que d'autres soient impliqués », avait effectivement conclu le comité sans plus d'explications.

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