RCA

RCA: Ngaïssona élu au comité exécutif de la CAF

Patrice-Edouard Ngaïssona, le président de la Fédération centrafricaine de football, à l’assemblée générale de la CAF, ce vendredi 2 février 2018, à Casablanca au Maroc.
Patrice-Edouard Ngaïssona, le président de la Fédération centrafricaine de football, à l’assemblée générale de la CAF, ce vendredi 2 février 2018, à Casablanca au Maroc. FADEL SENNA / AFP

Patrice-Edouard Ngaïssona, le président de la Fédération centrafricaine de football, a été élu vendredi 2 février au comité exécutif de la Confédération africaine de football pour représenter l'Afrique centrale. Mais ce nouveau membre de la CAF est également l'un des coordonnateurs des ex anti-balaka et a joué un rôle majeur durant la crise centrafricaine.

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Sans surprise, chez les anti-balaka on se réjouit de cette élection dans les instances du football international. Igor Lamaka, leur porte-parole, souligne que le vote de la CAF n'est finalement que « le fruit des efforts faits pour la jeunesse et que là, nous sommes couronnés par nos frères africains ». « Nous ne sommes pas des criminels, mais des résistants », continue-t-il en avec cet éternel argument du mouvement.

Du côté de l'exécutif, si on estime que c'est une fierté pour le pays d'avoir un Centrafricain à la CAF, on ne se prononce pas sur le volet judiciaire du coordonnateur des anti-balaka. Ce n'est pas au gouvernement de s'immiscer dans les affaires de la justice. Mais la CAF a dû avoir des éléments d'appréciation quant à son élection, relève le ministère de la Communication.

Chez les ONG de défense de droits de l'homme, en revanche, on s'insurge contre ce vote. Pour Lewis Mudge de Human Rights Watch (HRW), cela montre que l'impunité est toujours d'actualité en Centrafrique malgré les efforts faits avec les sessions criminelles et la future mise en place de la Cour pénale spéciale.

Samira Daoud, d'Amnesty International, ne dit pas le contraire, tout en mettant en garde les autorités centrafricaines qui ne peuvent pas d'un côté promouvoir la justice et de l'autre protéger des personnes dont il est avéré qu'elles étaient à la tête de groupes responsables de crimes très graves contre les civils. Et de rappeler qu'un mandat d'arrêt avait été émis en 2014 pour crimes contre l'humanité et incitation au génocide à l'encontre du nouveau membre du comité exécutif de la CAF.

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