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Angola

Angola: manifestation contre un projet de loi favorisant les «rapatriés fiscaux»

Plusieurs dizaines de manifestants se sont réunis à Luanda, ce samedi 17 mars. "Rendez à l'Etat l'argent dérobé", peut-on lire sur la pancarte.
Plusieurs dizaines de manifestants se sont réunis à Luanda, ce samedi 17 mars. "Rendez à l'Etat l'argent dérobé", peut-on lire sur la pancarte. RFI / Sonia Rolley
Texte par : RFI Suivre
5 mn

En Angola, depuis l’arrivée de João Lourenço au pouvoir, c’est la première fois que l’on assiste à une manifestation politique non-réprimée. Plusieurs dizaines d’activistes ont pu se réunir, ce samedi 17 mars, à Luanda, pour protester contre un projet de loi présenté par le président angolais lui-même. Le texte vise à lutter contre la corruption mais il devrait surtout permettre aux personnalités qui ont caché de l'argent à l'étranger, de le rapatrier au pays sans être poursuivis en justice. D'après les manifestants, ces milliards de kwanzas sont de l’argent public détourné des caisses de l’Etat et la place de ceux qui les ont pris devraient être en prison. Reportage.

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Devant la statue d'Agostinho Neto, en plein centre la capitale, une dizaine d’activistes parlementent avec la police. Nous sommes à une demi-heure de la manifestation.

« Nous devons bouger d’ici, de ce rond-point, parce qu’apparemment, on manque de respect au père fondateur. On ne peut pas rester, donc », explique Sérgio Piçarra, dessinateur de presse et l’un des organisateurs.

Les manifestants se déplacent à 150 mètres, commencent à distribuer des tracts aux passants et aux conducteurs de voitures.

« L’argent devra rentrer et pour cela, selon l’Etat, il y a des mécanismes. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le président de la République qui le dit lui-même. Il y a des mécanismes pour faire rentrer cet argent s’il n’est pas rapatrié de façon volontaire. On ne peut pas laisser les gens qui nous ont volés, rentrer avec cet argent et devenir nos patrons. Moi, je ne suis pas d’accord », estime Laura Macedo, l’une des organisatrices .

Les passants observent la police restée à bonne distance et les manifestants qui se sont finalement réunis.

« La population a encore peur », répètent les activistes. « Nous voulons notre argent. »

Cette loi « bénéficie aux voleurs »

Fernando Macedo, l’un des professeurs d’université les plus respectés du pays, est parmi les manifestants. Pour lui, malgré la volonté affichée de lutter contre la corruption, le nouveau président devrait poursuivre, sans distinction, ceux qui ont pillé le pays.

« Je veux lui donner le bénéfice du doute mais il n’y a pas beaucoup de changement. João Lourenço défend par exemple l’ancien vice-président, Manuel Vicente, [jugé au Portugal pour corruption]. Il en a fait une affaire d’Etat, alors qu’il aurait dû se contenter de dire qu’il respectait les cours de justice en Angola comme ailleurs. Le Portugal est un Etat de droit et un pays démocratique ; je ne comprends pas comment le président de la République peut défendre l’ancien vice-président comme ça », s’indigne-t-il avant de se prononcer sur la nouvelle loi.

« Un autre mauvais signe, c’est ce projet de loi qui est sur le point d’être adopté par le parlement angolais. Cette loi, en effet, proposée par le président João Lourenço, bénéficie aux voleurs. Elle n’est pas juste et elle ne peut pas être juste. Je ne suis pas d’accord », déclare-t-il.

Je m’attendais à ce qu’il se passe quelque chose d’idiot, mais rien d’aussi ridicule. C’est quand même trop.

Manifestation pacifique à Luanda

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