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Angola

Angola: le journaliste Rafael Marques de nouveau face à la justice

Le procès du journaliste Rafael Marques, ici à Luanda le 20 août 2017, débute ce lundi 19 mars 2018.
Le procès du journaliste Rafael Marques, ici à Luanda le 20 août 2017, débute ce lundi 19 mars 2018. AMPE ROGERIO / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Ce lundi 18 mars, le plus célèbre des journalistes angolais doit se présenter devant la justice. Rafael Marques est un habitué des tribunaux. Régulièrement poursuivi à l’époque de José Eduardo dos Santos pour son travail sur la corruption et les violations des droits de l’homme commises par le régime, cette fois, la justice lui reproche un « outrage à un organe souverain » pour une enquête sur le procureur général de la République. Son co-accusé et confrère, Mariano Bras, se retrouve sur le banc des accusés pour avoir relayé cette enquête. Les deux journalistes risquent jusqu’à trois ans de prison alors même que le nouveau président Joao Lourenço promet d’ouvrir l’espace démocratique et de lutter contre la corruption.

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L’affaire remonte à 2016, Rafael Marques publie une enquête sur un complexe immobilier que compte construire le Procureur général de la République.

« Je suis convoqué en décembre 2016 et j’apporte les preuves que le procureur général de la république a acheté, en son nom, un terrain. La loi sur le statut du procureur général lui interdit de faire des affaires pour son profit », a expliqué le journaliste.

Pour Rafael Marques, cette affaire prouve que Joao Lourenço n’est sérieux ni dans sa volonté d’ouvrir l’espace démocratique, ni de lutter contre la corruption.

« Je suis en train d’être jugé, aujourd’hui, sous la présidence de Joao Lourenço pour avoir exposé un cas de corruption. Avec toutes les personnes corrompues qui mériteraient d’être jugés, le régime prend le temps de juger des journalistes », déplore Rafael Marques.

Nous sommes solidaires de Rafael Marques, nous sommes confiants pour l’issue du procès car ces dernières années, il a mené un grand travail d’investigation. Malheureusement pour nous, syndicat des journalistes angolais, l’Etat n’écoute pas les recommandations de l’Union Africaine. L’UA avait des représentants ici pour les droits humains qui avaient lancé un appel pour que les délits de presse soient dépénalisés.

Candido Teixeira, journaliste au quotidien d'Etat Jornal da Angola et secrétaire général du syndicat des journalistes angolais

Le journaliste rappelle que le président Joao Lourenço a défendu, face au Portugal qui voulait le juger pour corruption, l’ancien vice-président Manuel Vicente, accusé d’avoir « plus pillé le pays », explique le journaliste, que toute la famille dos Santos.

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