Guinée

La grande colère des femmes de l'opposition guinéenne

Heurts entre la police et des manifestants le 22 mars à Conakry.
Heurts entre la police et des manifestants le 22 mars à Conakry. CELLOU BINANI / AFP

Les femmes de l'opposition guinéenne ne décolèrent pas. Elles sont une nouvelle fois descendues par centaines dans les rues pour exprimer leur mécontentement face aux exactions policières et aux tueries de leurs militants dont est victime l'opposition à chacune de ses manifestations. Selon celle-ci, au moins 94 des leurs ont été tués depuis 2011 rien qu'à Conakry par les forces de l’ordre dans les manifestations politiques. Hier, mercredi 28 mars, elles étaient chez le ministre de la Justice pour exiger des enquêtes et des poursuites contre les auteurs des crimes.

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C’est pour réclamer l’arrêt des tueries des opposants au cours des manifestations politiques que les femmes de l’opposition ont bruyamment manifesté ce mercredi 28 mars au centre de Conakry. Elles se sont adressées au ministre de la Justice, devant sa porte : « La manifestation, c’est pour venir interpeller le ministre de la Justice, pour qu’il prenne ses responsabilités. On est à 94 victimes. Jusqu’à aujourd’hui, aucune enquête n’a été ouverte, aucun tueur n’a été retrouvé ».

« S’il s’agit du camp de l’opposition, indique encore celle-ci, ils refusent parfois même de prendre les plaintes ». D’autres femmes à travers ce message expriment autrement leur colère : « Il faut qu’il y ait la paix dans le pays, il faut qu’il y ait la justice. Nous demandons que les assassinats ciblés soient arrêtés. »

« Personne n’est au-dessus de la loi »

« On est venues exprimer notre émotion par rapport aux tueries de nos enfants », lancent-elles enfin. Le ministre de la Justice, maître Cheick Sako, a quant à lui tenté de rassurer les manifestantes : « Ceux qui disent que la justice ne fait rien dans notre pays, on va leur démontrer le contraire. On peut dire que la justice est lente, on peut dire que certains dossiers dorment, ça c’est vrai. Mais vous ne pourrez pas apporter la preuve qu’un dossier d’assassinats de morts suspectes n’ait pas été ouvert. Donc, ne dites pas que la justice dort dans ce pays. Personne n’est au-dessus de la loi. »

Ces « amazones », comme souvent on les appelle ici, manifestent tout de rouge et blanc vêtues en signe, à la fois, de deuil et de révolte.

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