RDC

Massacres de Béni en RDC: des députés dénoncent des blocages parlementaires

Le siège du Parlement congolais à Kinshasa en RDC.
Le siège du Parlement congolais à Kinshasa en RDC. radiookapi.net

Dans une déclaration publique, un groupe de députés nationaux accusent la majorité présidentielle d’avoir empêché lundi 16 avril l’examen de la motion de défiance qui visait le ministre de la Défense nationale, Atama Tabe, au sujet de l’insécurité dans le territoire de Beni. Pour eux, ce fait n'est pas anodin.

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C’est une élue de Kalémié, dans le Tanganyika, Vicky Katumue qui a fait usage d’une motion d’ordre pour arrêter la démarche amorcée par le groupe des députés de Béni. Aussi le groupe de députés estime-t-il que le rejet de cette motion de défiance viole l’article 148 de la Constitution et certaines dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Et d’ajouter que cette action de la majorité entre dans la droite ligne d’autres initiatives de blocage du contrôle parlementaire, notamment des initiatives en rapport avec les responsabilités à établir dans la protection et la défense des populations congolaises.

Pour ces députés, le fait d'étouffer tout débat public sur les massacres sur les populations de Béni, Lubero, Rutshuru renforce le sentiment d'abandon total d'une partie du peuple congolais. Paul Moyindo, élu de Béni et auteur de la motion de défiance contre le ministre de la Défense, suspecte le pouvoir : « Nous considérons que leur refus de pouvoir discuter sur les auteurs des tueries de Béni est un signe très manifeste que le pouvoir veut cacher les personnes qu'il connaît et le pouvoir ne veut pas qu'on puisse parler de ses responsabilités. »

Lors de sa rencontre mardi avec des députés de la majorité et ceux du Palu, le président Kabila s'est dit disposé à inviter à Béni les élus des autres coins de la République. Ils pourront ainsi apprécier le sacrifice consenti par l'armée. « On a besoin d'enquête, pas de tourisme », répond de son côté Paul Moyindo. « A Béni, nous avons plutôt besoin de personnes qui viennent pour trouver des solutions et mettre fin à la boucherie des civils et des militaires au niveau de Béni. »

Plusieurs organisations de femmes des provinces d'Ituri, de Maniema, du Sud et du Nord-Kivu marquent leur désaccord avec la majorité présidentielle.

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