Madagascar

Madagascar: calme précaire après les affrontements de samedi à Antananarivo

Des policiers antiémeutes avance en formation, prêt à disperser les manifestants lors de la mobilisation contre les lois électorales à Antananarivo, le 21 avril.
Des policiers antiémeutes avance en formation, prêt à disperser les manifestants lors de la mobilisation contre les lois électorales à Antananarivo, le 21 avril. REUTERS/Clarel Faniry Rasoanaivo

Une manifestation organisée samedi 21 avril 2018 par des députés de l'opposition pour protester contre les récentes lois électorales votées le 4 avril a dégénéré dans la capitale. Interdite par les autorités, la mobilisation a donné lieu à des affrontements avec les forces de l'ordre. De source hospitalière, le bilan s’élève à trois morts. Une veillé mortuaire avait été annoncée pour ce dimanche matin mais elle semble avoir été annulée. La situation était plutôt calme ce dimanche matin à Antananarivo.

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Ambiance à nouveau très calme, autour de l’Hôtel de ville, ce dimanche 22 avril. En début d’après-midi, le parvis était complètement vidé.

Ce matin, le centre-ville était entièrement quadrillé par un important dispositif des forces de l’ordre. D’après un responsable des forces d’intervention de la gendarmerie, le nombre d’hommes sur place était trois fois plus nombreux que celui d’hier pour la manifestation qui a dégénéré.

Quelques agitateurs - des enfants des rues, principalement - ont à nouveau remonté des barricades sur l’avenue de l’Indépendance et ont tenté de provoquer les forces de l’ordre en leur jetant des pierres, mais celles-ci n’ont pas répliqué.

Puis à 13h30, contre toute attente, les militaires ont quitté les lieux et placés du côté du stade Mahamasima, à deux kilomètres de l’Hôtel de ville.

Je suis ici parce que je m'oppose à ce qu'il se passe actuellement. Je viens protester contre la vie qui est trop chère, le salaire qui n'est pas assez élevé, l'insécurité, ça fait 5 ans que ça dure! Je suis prêt à venir ici tous les jours s'il le faut pour protester contre l'Etat.

Sur le parvis de l'Hôtel de ville d'Antananarivo

Les députés, de leur côté, ont passé la matinée en réunion pour discuter de la suite des opérations. D’après le Premier ministre, joint par téléphone, le président de la République serait dans la capitale. Il doit s'exprimer à 18h30, heure locale, 17h30, heure de Paris, du Palais présidentiel, pour adresser un message à la Nation.

Joint par RFI, le président du Sénat, Rivo Rakotovao, a accepté de réagir à la contestation des opposants. Il fait part de sa « compassion » à l’égard des victimes et estime que Madagascar ne peut pas se permettre de retomber dans lune nouvelle crise politique.

C’est déplorable d’en arriver là. Il y a d’autres manières de procéder. C’est pour cela que l’Etat a toujours dit de faire attention car cette histoire de stabilité est encore très fragile à Madagascar

Rivo Rakotovao, président du Sénat malgache

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