RDC

RDC: deuil, colère et barricades à Goma après une fusillade meurtrière

Hôpital provincial du Nord-Kivu, Goma, République démocratique du Congo, juillet 2016.
Hôpital provincial du Nord-Kivu, Goma, République démocratique du Congo, juillet 2016. RFI/Leonora Baumann

Le quartier Mungunga de Goma était agité lundi 30 avril au lendemain d'une fusillade qui a fait, selon le maire, au moins 7 morts et 18 blessés. Les auteurs n'ont pas été identifiés. La population du quartier est sortie dans les rues en signe de protestation.

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Le calme est revenu, mais la douleur est toujours là, résumait un gomatracien hier soir. Tôt le matin, certains habitants du quartier Mugunga ont barricadé la route qui relie Goma à Saké. D'autres ont voulu entrer dans l'hôpital où les blessés de la veille avaient été conduits. Mouvements spontanés de colère, explique la société civile qui dénonce « l'inaction des forces de sécurité ».

La veille, dimanche, il faisait encore jour lorsque vers 18 heures, des hommes armés ont fait irruption dans le quartier. Certains en civils, d'autres en treillis rapportent des témoins. Ils auraient alors « encerclé » un petit centre commercial baptisé Kasoko Amour, tué trois personnes à bout portant, avant de tirer de façon indiscriminée sur la foule dont une partie s'était réfugiée à l'intérieur des boutiques. « Les bandits ont tiré dans le désordre, rapporte Ali Dominique, témoin de la scène Je me suis couché sur le sol. Puis après les tirs, je me suis relevé et suis allé voir les cadavres et les blessés, qu'on a essayé de faire respirer et de mettre dans la voiture de notre chef de quartier. Certains ont reçu des balles dans la tête, dans le ventre, les pieds. Les gens ont vraiment paniqué. »

Une fusillade d'une ampleur inhabituelle à Goma où des cas de braquage et autres assassinats sont cependant fréquents. En février dernier, non loin de là, dans le quartier Ndosho, deux dispensaires ont été attaqués et une dizaine de patients blessés à l'arme blanche jusque dans leur lit, faisant craindre l'apparition d'une nouvelle forme de violence dans cette ville de plus d'un million d'habitants, qui a connu quelques rébellions dans le passé et frontalière de territoires où sévissent plusieurs groupes armés.

Etienne Kambale, le rapporteur de la société civile du Nord-Kivu, appelle au remplacement de tous le commandants de la région militaire, qui selon lui n'ont pas accompli de progrès significatifs depuis qu'ils ont libéré Goma du M23. C'était en 2013. Hier soir, le maire de Goma n'était pas joignable. Une source sécuritaire évoquait à l'AFP un possible « règlement de comptes ».

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